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perdit la Poméranie , et Gustave l'aiTection de ses sujets. 11 avait compté sur lesarmements de l'Angleterre, dont il était le plus fidèle allié; mais il se trompaitdans ses calculs. On vit cette puissance, au lieu de secourir (îustave, risquerune Hotte contre les batteries improvisées aux Dardanelles par l'ambassadeurSébastiani, exposer une partie de son armée, qu’elle avait laissée à Rosette,sur le sol de l’Égypte , et frapper à l'improviste un prince voisin plutôt que deservir de ses troupes et de ses nombreux vaisseaux celui qui s’était dévouési imprudemment à sa cause.
Le gouvernement anglais ne procédait plus que par voie d’extermination.Le 1 2 août, à l’exempte de lord Arbuthnot à Constantinople , l’ambassadeurJackson vint signifier au prince royal, à Copenhague , que la Grande-Rretagneexigeait du Danemarck une alliance offensive et défensive, et pour garantie, laremise de la flotte, de la forteresse de Cronenbourg, ainsi que la capitale. 11 ajou-tait que l’Angleterre compenserait avec de l’argent les pertes que le Danemarckpourrait éprouver : « Et avec quoi compenserez-vous l’honneur? » réponditle prince royal. Les hostilités éclatèrent aussitôt. Le même jour, le gouverne-ment danois mit le séquestre sur le commerce et les propriétés de l’Angleterredans ses états, et les Anglais jetèrent douze mille hommes dans la forteresse defr'rédérichsberg, aux portes de Copenhague . La proclamation anglaise déclaraitaux Danois que la Grande-Bretagne se présentait comme amie et ne demandaitleur flotte qu’à titre de dépôt : c’était ajouter la dérision à la violence. LordCatlicart, commandant les forces britanniques, écrivait au général Peymann ,gouverneur de Copenhague , que si les propositions de l’Angleterre n’étaientpas acceptées, la ville subirait les horreurs d’un siège par terre et par mer.Le 2 septembre, à sept heures du soir, les Anglais commencèrent un bombar-dement qui dura soixante-douze heures et réduisit en cendres trois centsmaisons. Le général Peymann, dangereusement blessé, se vit forcé de capi-tuler. Les Anglais s’emparèrent de la flotte danoise, qui consistait en vingt-huitvaisseaux de ligne, seize frégates, neuf bricks, et une quarantaine de petitsbâtiments. Le prince royal, dont le caractère ne se démentit pas un seulinstant, refusa de reconnaître la capitulation. Il avait donné l’ordre au généralPeymann de faire sauter la flotte, s’il ne pouvait la sauver; mais l’officier por-teur de cet ordre avait été pris.
Le roi de Danemarck, victime d’une agression aussi barbare , y trouva lajustification du blocus continental que la France imposait à ses alliés : il s’em-pressa d’y adhérer, ordonna la saisie de toutes les propriétés britanniques dansses états, l’arrestation de tous les Anglais , interdit tout commerce avec l’An-gleterre ; le 16 octobre, il signa avec la France un traité offensif et défensif, et,seul des alliés de Napoléon , il respecta ses engagements jusqu’au dernier mo-ment. Indigné de la violence que l’Angleterre venait d'exercer envers le Da-nemarck, l’empereur Alexandre proclama hautement, par un ukase, les prin-