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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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326
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reconnus innocents par le conseil de Castille, dont tîodoy dirigea l'opinion.L’Empereur engagea le roi à assoupir cette affaire, et ne répondit point à lalettre de Ferdinand.

Cependant le favori triomphait, il s’imagina avoir perdu Ferdinand dans l’es-prit de la nation : mais il ne fit que s’assurer de nouveaux droits à la haine desEspagnols , et ne parvint qu’à avilir la majesté royale. Fier du succès de la né-gociation de Fontainebleau par son affidé Isquierdo, il avait cru pouvoir atta-quer ouvertement l’héritier du trône, et pour satisfaire sa vengeance, il com-promit l’existence delà monarchie et la sienne. Enfin Godoy s’aveugla au pointde penser que l’intérêt de Napoléon demandait son élévation, tandis qu'il n’étaitpour ce prince que l’instrument momentané du système qui fermait l’Europe aux Anglais .

Tandis que tous ces événements se passaient dans la Péninsule, Napoléon suivait à Fontainebleau les intérêts du gouvernement de l’empire et ceux dusystème continental. Le cabinet de Londres venait de soumettre tous les naviresneutres ou alliés de la France à la visite, à une station obligée dans un des portsde l’Angleterre, et aune imposition sur leur chargement, et de s'emparer defile de Madère, une des plus belles possessions de son allié, le roi de Portugal .Dans un décret daté de Milan , où il était allé pour visiter le royaume d’Italieet les nouvelles provinces réunies à la F"rance par le traité de Presbourg, Napo-léon déclarait, par représailles, dénationalisé et de bonne prise tout bâtiment quise soumettrait à la tyrannie du pavillon anglais . Ainsi la déprédation, la fisca-lité armée, régnaient sur les mers, tandis que la violence de la politique rem-plaçait, sur le continent, la puissance des armes.