hli NAPOLÉON.
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perdu si lu ijuerre s’allumait. Celte lettre prouve suffisamment que Napoléon ,si mal servi par son ambassadeur lors des affaires de rEscurial et d’Aranjuoz.ne l'était pas mieux par son lieutenant, à qui il reproche l'occupation de Ma-drid , et, comme cédant à un secret pressentiment, la marche du général Dupontsur Tolède : elle ne laisse non plus aucun doute sur l’empire que Napoléon rùlexercé en Espagne six mois plus tôt, s’il fût arrivé à Madrid en souverain con-ciliateur de la famille royale. C’est dans cette anxiété d’esprit qu'il décida sondépart pour Bayonne. A cette époque, le général Savary se trouvait à Madrid ,où il avait été envoyé auprès de Charles IV , avec une mission relative auvoyage de la famille royale à Bayonne .
Il y eut donc au premier mot du général Savary, de la part de la vieille cour,non-seulement consentement, mais empressement à courir se jeter à Bayonne dans les bras de Napoléon ; elle n’avait qu’une inquiétude, c’était d'être préve-nue par Ferdinand. Ce prince, dont la répugnance au départ pour Bayonne eût paru naturelle, au grand étonnement du négociateur, alla au-devant decette proposition, et, chose étrange, tant il est facile aux hommes passion-nés de prendre le parti qui doit leur enlever tout à coup le prix de tous leursefforts, les ducs de l’Tnfantado, del Parque, le chanoine Escoïquitz, le ministreCcvallos, les premiers meneurs de l’affaire de rEscurial et de celle d’Aranjuez .présentèrent à Ferdinand le voyage de Bayonne comme un autre coup d’étatque la fortune mettait entre ses mains.
Ce prince se mit en route dans l’espoir de taire approuver son usurpation parNapoléon, ne doutant pas qu’il aurait de la peine à atteindre Burgos sans yrencontrer l’Empereur, dont l’arrivée à Madrid était toujours annoncée. Avantde s’éloigner, Ferdinand établit un conseil de régence sous la présidence deson oncle 1). Antonio; il partit avec le général Savary, le duc de l’ïnfantadoet le chanoine Escoïquitz. Fin arrivant à Burgos , on ne trouva aucune nou-velle du prochain passage de Napoléon , et on poussa jusqu’à Yittoria, où l’onn’en apprit pas davantage. Mais dans cette ville, de fidèles serviteurs de la fa-mille royale supplièrent Ferdinand de s’arrêter : parmi eux se trouva le che-valier Urquijo, qui arrivait exprès de Bilbao pour conjurer le prince de ne pasaller plus avant. F’erdinand, ébranlé par ces conseils, se décida à écrire à l’Em-pereur la lettre suivante, que porta le général Savary :
«Monsieur mon Frère,
« Élevé au trône par l’abdication libre et spontanée de mon auguste père.« je n’ai pu voir sans un véritable regret que S. A. I. le grand-duc de Berg,« ainsi que l’ambassadeur de V. M. I. et B., n’aient pas cru devoir me félici-