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Le premier acte de la reprise de souveraineté du roi ('hurles avait été dedonner la régence au grand-duc de Berg en la retirant à l’Infant don Antonio;le second, comme on l’a vu plus haut, fut le traité signé à Bayonne le 5 mai,par lequel Charles disposait de sa couronne en faveur de l’empereur Napoléon.Le 10 mai suivant, se régla entre le général Duroc et don Juan d’Escoïquitz unautre traité par lequel Ferdinand adhérait, ainsi que ses frères, à la cession duroyaume d’Espagne faite par leur père. Ainsi se termina la vengeance du pèresur le fils, du fils sur le favori, du favori sur le prince héréditaire, et celle dela reine, plus implacable encore, parce qu’elle avait sacrifié à scs ressentimentsla haine invétérée qu’elle portait à la France , et oublié depuis longtemps qu’elleétait la femme de Charles IV et la mère de Ferdinand. Après ces deux traités,les deux cours se séparèrent. Leroi, son épouse, la reine d’Étrurie , l’infantdon François de Paule et le prince de la Paix partirent pour le château deCompiègne ; le prince des Asturies, accompagné de son frère don Carlos etde son oncle don Antonio, partit pour le château de Valençay, appartenant àM. Talleyrand. Plus tard le roi Charles obtint d’aller s’établir à Marseille , l’airde Compiègne étant trop froid pour sa santé.
Cependant le grand-duc de Berg gouvernait au nom de l’empereur Napoléon.Le 15 mai, le conseil de Castille, présidé par le marquis de Caballcro, qui avaitdirigé pour Ferdinand l’insurrection d’Aranjuez , rédigea une adresse à S. M. I.et B., par laquelle, après avoir dit qu’t’/n'y avait plus de Pyrénées , il demandaitpour roi des Espagncs l’aîné des augustes frères de S. M. La ville de Madrid exprimait le même vœu par l’organe de son conseil, et Louis de Bourbon, car-dinal archevêque de Tolède , écrivait à l’Empereur une lettre dans laquelle il an-nonçait que la cession de la couronne d’Espagne lui imposait la douce obligationde déposer aux pieds de l’Empereur l’hommage de son respect et de sa fidélité, etsuppliait S. M. de le regarder comm'c son plus fidèle sujet, et de lui faire con-naître ses intentions pour mettre sa soumission à l’épreuve. Tout ce qui étaitresté à Bayonne du cortège et de la cour du vieux roi et de son fils ne cessait derenouveler journellement à Napoléon tes mêmes hommages. Ces hommes, na-guère de partis si différents, confondaient tout à coup leurs intérêts dans celuide leur dévouement à Napoléon. Ils suivaient l’exemple du prince des Asturies et de ses frères, qui, avant de quitter Bayonne , avaient adressé au gouvernementprovisoire de Madrid , non-seulement leur adhésion au traité du 5 mai, mais en-core une exhortation toute paternelle aux Espagnols de s’y conformer, ainsiqu’une déclaration qui les relevait du serment de fidélité. Toutefois la nationavait considéré à sa manière et interprété d’après son propre jugement la posi-tion, les paroles et les écrits de Ferdinand ; elle s’était décidée déjà, le 2 mai,par l’insurrection de Madrid , à le forcer, quoique absent et démissionnaire, derégner sur elle ; ou plutôt c’était en son nom qu’elle avait levé le drapeau de l’in-dépendance. Il ne restait plus en Espagne de personnes favorables à la révolu-