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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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HISTOIRE

Le 15 juillet, un décret impérial daté de Bayonne donna au grand-duc deBerg la couronne de Naples. Murat se hâta de quitter l’Espagne , où le généralSavary.duc de Itovigo, le remplaça dans le commandement général de l’armée.Le maréchal Bessières avait ouvert à J oseph les portes de Madrid ; le 20, ce princey fit son entrée au milieu d'une foule silencieuse. Cette attitude de la populationprouva énergiquement qu’il n’y avait eu de vaincu que l’armée battue parBessières; que si Joseph occupait le trône, la nation occupait le champ debataille : en effet, elle y était tout entière. Napoléon, rappelé en France parles soins de son vaste empire et par la nécessité de veiller sur l’Europe , qui leregardait avec crainte et se préparait à saisir la première occasion de l’abaisser,quitta Bayonne et retourna lentement à Paris ; il s’arrêta dans les villes princi-pales, où d’heureuses dispositions administratives signalèrent son passage.

Arraché aux délices de Naples , et réduit désormais à lui-même, le roi Jo-seph dut conquérir pour régner, et rester toujours armé pour conserver sacouronne. Une armée s’épuise et la guerre finit ; mais une nation ne péritjamais : aussi la défaite de Médina del Rio Scco ne tarda point à être vengée.La première nouvelle que le roi Joseph reçut des mouvements de l’arméefrançaise en arrivant à Madrid, fut celle de la fatale capitulation d’Andujar .

Le général Dupont, ayantsousses ordres les généraux Yedel et Gobert,avait,vers la fin de juin, placé l’un de ces officiers à Baylen, l’autre à Caroline; lui-même, avec sa première division, occupait Andujar sur le Guadalquivir , où ilavait fait construire une tête de pont, ainsi qu’à Menjibar, sur la route de Jaen àBaylen. Le général Dupont était placé de manière à se trouver à l’abri de toutévénement, puisque, dans le cas d’une attaque par un adversaire trop supérieuren nombre, un jour suffisait pour mettre les défilés de la Sierra-Morcna entrelui et les assaillants. D’ailleurs il avait reçu du duc de Rovigo l’ordre impératifde se reployer sur Madrid par cette même route, et l’expresse défense des’engager avec l’ennemi, même dans l’espoir d’un succès. La division Gobertn’avait été envoyée par le général en chef que pour assurer davantage la re-traite du général Dupont, dont la division Yedel devait commencer le mou-vement. Le 20 juillet, jour de l’entrée de .Joseph à Madrid , l'ennemi, fort dequarante mille hommes, présenta la bataille à Dupont, qui n’avait qu’une seuledivision de treize mille hommes. A cette infériorité numérique il joignit deuxfautes graves : celle de n’avoir pas conservé sa communication avec Madrid ; etséparé qu’il était des divisions Vedel et Gobert, qui faisaient les deux tiers deson armée, d’accepter le combat avec des forces disproportionnées et dansune position désavantageuse. Après une lutte inégale, où le général espagnol Castanos avait eu l’habileté de l’attirer, Dupont signa le 22 juillet, à Andujar ,une capitulation, au moment d’opérer avec le général Vedel une jonction quimettait entre deux feux l’armée ennemie. Le général Vedel, qui avait déjàenlevé trois pièces de canon, deux drapeaux, et fait prisonnier le régiment de