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HISTOIRE
nationale. Les landwehrs avaient été réorganisées; les landsthurms, ou levéesen niasse, venaient d’étre ordonnées. On savait que l’armée de ligne autri-chienne allait être portée à quatre cent mille hommes, et les landwehrs d’Alle-magne à trois cent mille; enfin tout présentait en Autriche l’aspect d’une guerreimminente, malgré l’amitié qui existait entre elle et Napoléon . Il n’ignorait pasque, dès le commencement de l’année, l’Autriche et l’Angleterre s’étaient rap-prochées; que cette dernière puissance, aussitôt la nouvelle des événements deBayonne , avait offert ses escadres à l’archiduc Charles, afin de le mettre à mêmede faire valoir ses prétentions au trône d’Espagne , en sa qualité d’héritier desdroits de Charles VI, compétiteur de Philippe V . Aussi, dès le mois de juillet,Napoléon demanda au gouvernement autrichien des explications positives, tantsur ses préparatifs militaires que sur ses nouvelles relations politiques, et, enmême temps, il invitait les princes de la confédération d préparer leurs contin-gents, pour éviter une guerre sans motifs, tout en faisant voir à l'Autriche qu'onétait prêt à la soutenir. Suivant son usage, le cabinet de Vienne se confondit enprotestations d’amitié, et colora de différents prétextes ses armements, qu’il nepouvait nier.
Napoléon , qui saisissait volontiers l’occasion de dire toute sa pensée, même àses ennemis, interpella à Saint-Cloud , en présence de tout le corps diplomati-que, l’ambassadeur d’Autriche , M. deMetlernich; il lui retraça hautement toutce que lui devaient son maître et le roi de Prusse, après la destruction de leursarmées à Austerlitz et à Iéna : « Croyez-vous, ajouta-t-il, que le vainqueur« d’une armée française , qui eût été maître de Paris , eût agi avec cette mo-« dération? »
L’accroissement subit et immodéré de l’état militaire de l’Autriche pouvaitfaire craindre à Napoléon une nouvelle coalition, d’autant plus que le comte deStadion, l'implacable ennemi de l'Empereur et de la France, était alors en Au-triche le ministre dirigeant. D'après cet ensemble de circonstances graves, etles rapports de ses ministres de la guerre et des relations extérieures,Napoléon adressa, leiseptembre, au Sénat , un message où il s’exprimait ainsi : «...Je suis« résolu à pousser les affaires d’Espagne avec la plus grande activité, et à dé-« truire les armées que l’Angleterre débarquera dans ce pays... Mon alliance« avec l’empereur de Russie ne laisse à l’Angleterre aucun espoir dans ses pro-« jets. Je crois à la paix du continent, mais je ne veux ni ne dois dépendre des« faux calculs et des erreurs des autres cours; et puisque mes voisins augmen-« tent leurs armées, il est de mon devoir d’augmenter les miennes... » C’était àla face de l'Europe que Napoléon déclarait à la France qu’il avait besoin denouvelles forces pour repousser une agression qui la menaçait sous le voile dela paix de Presbourg. En réponse à cette communication, le Sénat vota unelevée de cent soixante mille hommes. La France comptait alors douze armées :celle de Pologne , celle de Prusse, celle de Silésie, celle de Danemarck, celle de