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II ISTOI K E
L'Empereur, qui a triomphé de l'archiduc Louis à Abensberg et à Landshut ,vamesurersesarmes avec le plus habile général de l’Autriche , l’archiduc Charles,<[u'il connaît et qu’il apprécie depuis longtemps. Le maréchal Davoust a ré-pondu à la confiance de l’Empereur. -Après l’occupation inattendue de Itatis-bonnepar les Autrichiens, le maréchal, voyant la plus grande partie des forcesdu prince Charles se porter sur lui, ne prend conseil que de la ténacité de soncaractère, et par une opiniâtreté véritablement héroïque, il se prépare à cettebataille dont Napoléon va donner le nom à son intrépide lieutenant. L’arméede l’archiduc, composée de cent-dix mille combattants, prend position au vil-lage d’Eckmühl ; elle est divisée en quatre corps, qui, au premier signal deNapoléon , se trouvent tout à coup attaqués sur tous les points, tournés par leurgauche et mis en fuite de toutes parts. Vingt mille prisonniers, une grandequantité d’artillerie, tous les blessés de l’ennemi et quinze drapeaux, sont lestrophées de la victoire d’Eckmühl; victoire importante qui ouvre la route deVienne, et que trois heures de combat ont décidée!
Le 23, Napoléon est devant ltatisbonne, où le général autrichien a renfermésix régiments. Huit mille hommes de cavalerie, qui couvrent les approches delà ville, sont bientôt sabrés, et forcés de repasser le Danube . L’infanterie arrivesous les murs de ltatisbonne : l’artillerie bat en brèche; les échelles sont dres-sées. Le duc de Montcbello y fait monter un bataillon qui ouvre une poterne,et l’armée se précipite dans la place. L’ennemi, en fuyant, oublie de couper lepont, et les Français passent aussitôt sur la rive gauche. Les Autrichiens per-dent tout ce qui a fait résistance et environ huit mille prisonniers. ltatisbonnedevient en grande partie la proie des flammes ; mais elle appartient au roi deBavière , et la haine autrichienne voit brûler avec plaisir cette ville qu’elle n’a passu défendre. Napoléon se charge de faire reconstruire les maisons incendiées.
De ltatisbonne, où ii a été blessé au talon, sans que cette circonstance l’eûtretardé un moment, Napoléon dirige sur Passau le duc de Rivoli, et le duc deMontebello sur Mühldorf . Le maréchal Davoust poursuit l’archiduc Charles,qui est en pleine retraite par les montagnes de la Bohème. Le duc de Dantzick fait évacuer Munich par l’ennemi. Le roi de Bavière reparaît dans sa capitaleet retourne à Augsbourg. Pour la première fois, Napoléon a marché, com-battu et vaincu sans sa garde ; les Bavarois et les Wurtembcrgeois lui en ontservi depuis la journée d’Abensberg. Avant de quitter ltatisbonne. Napoléon remercie son armée en ces termes prophétiques :
« Soldats !
« Vous avez justifié mon attente. Vous avez suppléé au nombre par votre« bravoure... En peu de jours nous avons triomphé dans les trois batailles