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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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Deux jours après, son aile droite força le camp retranché, ainsi que la ville deLaybach, de capituler, et lit quatre mille prisonniers. Le 25, le vice-roi détruisità Saint-Michel le corps de Jellacliich, qui se sauva avec deux mille hommes.L'archiduc Jean attendait, à quarante lieues de Vienne, à Gratz , les troupesde Jellacliich pour arrêter le vice-roi ; mais quand il vit arriver les débris destroupes autrichiennes fuyant en désordre devant l’avant-garde d’Italie , il partitprécipitamment, le 26, de Gratz, et se retira en Hongrie sur Kormond. Lelendemain, le prince Eugène opéra à Bruck, en Styrie , sa jonction avec lagrande armée, après avoir laissé le général Broussier chargé d’assiéger la ci-tadelle de Gratz .

Le général Marmont commandait en Dalmatie un corps de douze millehommes destinés à appuyer, selon les circonstances, soit les Busses, soit les.Musulmans, et à fermer aux Anglais d’excellents ports militaires. L’agressionde l’Autriche vint tout à coup l’isoler du théâtre de la guerre. Il était ob-servé par les troupes de Stoichewiiz, qui faisaient partie de i’armée de l’ar-chiduc Jean: mais ayant reçu du vice-roi la nouvelle de la retraite de ce prince,Marmont commença son mouvement le 14 mai, jour du passage de l'Isonzo,et après une affaire très-vive à Mont-Kitta, où le général ennemi fut pris et luiblessé, il défit de nouveau les Autrichiens à Gospiezetà Oltoszacz, et le 3 juinà Laybach. Marmont continuait rapidement sa marche, afin d’opérer sa jonc-tion avec la division Broussier; mais il avait été prévenu par le général Giulay,qui, à la tête de vingt mille hommes, poussa jusqu’aux faubourgs de Gratz , etforça Broussier de se reployer sur la route de Vienne ; celui-ci, instruit del'approche de Marmont, se reporta en avant, délogea l’ennemi de Kalsdorf ,et osa envoyer deux bataillons pour réoccuper Gratz , en présence des dix-huit mille Autrichiens campés non ioin des murailles de la ville. Ges deuxbataillons appartenaient au 84* régiment, et ne formaient que treize centshommes, commandés par le colonel Gambin. Tout à coup ils se jettent dansles maisons, où ils reçoivent l’attaque de forces considérables. Obligés à laretraite, ces braves se rallient, percent en colonne serrée la masse autrichienne,parviennent au cimetière Saint-Léonard, s’y retranchent, et pendant dixheures soutiennent seuls, avec deux pièces de trois, le siège le plus mémorablepeut-être de l’époque, contre toute l’armée de Giulay. Enfin Broussier envoyatrois bataillons qui dégagèrent par un nouvel exploit leurs intrépides compa-gnons; et, réunis, ils s’emparèrent des faubourgs de Grobon, après avoir en-levé quatre cents prisonniers et mis douze cents hommes hors de combat. Ceglorieux fait d’armes assura la jonction de Marmont et de Broussier. Napoléon fit graver sur l’aigle du 84 e cette inscription héroïque, digne des beaux tempsde Sparte : Un contre dix ! Le 1 er juillet, Marmont alla avec le 11* corps re-joindre la grande armée dans bile de Lobau.

Telle élail la situation des affaires militaires, depuis la mer Baltique jusqu’à