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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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HISTOIRE UE NAPOLÉON.

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au lieu de suivre contre elle, dans ses déserts, une lutte interminable, se seraitprobablement décidé à former avec les démembrements de la Pologne et de laPrusse un grand état intermédiaire qui, protégé par une armée française per-manente et gardienne de sa frontière, jusqu’au moment où l'armée nationaleaurait acquis toute la force nécessaire, serait devenu pour toujours la sauve-garde de la civilisation et de la paix du continent ; et plût à Dieu que Napoléon eût pris une résolution si haute et si sage à la fois ! Le cabinet russe prévit cetteterrible conséquence d’un refus qui ne lui avait pas réussi après Austerlitz, etil s’humilia sous la loi de Tilsitt. Il jugea habilement qu’il était question, surle radeau du Niémen , ou de faire partie de la patrie européenne, ou d’en êtreexilé à jamais, eide perdre en un moment l’héritage politique de Pierre et deCatherine. La foi punique présida au traité ; la Russie y souscrivit, déterminéeen secret à l’éluder d’abord, et à le rompre ensuite avec éclat. La France netarda point à pénétrer les dispositions de cette puissance. La conduite de laRussie pendant la campagne de 1809, ne permit plus à Napoléon de douterqu’elle ne fût bien éloignée de vouloir contribuer à l’abaissement de l’Autriche ,qui cependant venait de faire une guerre d’invasion à la France , son alliée. En1810, l’expression de la politique russe fut plus prononcée : le 19 décembre, elleavait brisé le nœud de Tilsitt par un ukase qui ouvrait ses ports à l’Angleterreet les fermait à la France. La réunion de scs armées sur les frontières de la Li-thuanie, et la menace d’envahir le grand-duché de Varsovie , sous prétexted’indemniser le duc d’Oldembourg, signalèrent depuis l’énergie des nouveauxconseils qui dirigeaient la cour de Saint-Pétersbourg . Dans le mois de fé-vrier 1811, Napoléon avait cru devoir, non-seulement demander à la Russie desexplications sur le prodigieux changement opéré dans son système à la tinde 1810, mais encore engager le roi de Saxe à concentrer sur la Vistulc lestroupes du duché de Varsovie , pour les mettre à l’abri d’une attaque soudaine.

Dès l’année 1811, la Russie avait annoncé l’envoi à Paris de M. de Kes-sel rode ; ce négociateur, chargé d’aplanir les différends, devait arriver ennovembre; quatre mois après on l’attendait encore. Napoléon , instruit enlinque la mission de M. de Nesselrode n’aurait pas lieu, fit appeler le colonelCzernieheff, aide-de-camp d’Alexandre, qui résidait alors à Paris , et lui com-muniqua le traité d’alliance offensive et défensive signé, le 12 février, avecla Prusse, trop heureuse d’échapper à sa ruine en se réunissant à Napoléon ,qui aurait nécessairement commencé par elle la guerre qu’il se voyait obligéd’entreprendre contre la Russie et ses alliés. Napoléon accompagna cette con-fidence de toutes les explications conciliatrices qu’il pouvait offrir, et renditCzernieheff porteur d'une lettre particulière adressée à l’empereur Alexandre.Czernieheff partit pour Saint-Pétersbourg le 25 février; deux jours après, Na-poléon apprit que cet envoyé, abusant de son caractère et de sa position prèsdu gouvernement français , avait acheté à prix d'or et emporté l’état effectif de