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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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HISTOIRE

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où, quatre ans auparavant, il était le roi des rois. Le môme jour, son quar-tier-général est à Auerstaedt, théâtre d’une autre gloire. Le prince de laMoskowa marchait sur Naumbourg, le comte Bertrand sur Iéna , le duc de Reg-gio sur Saalleld, le duc de Raguse se trouvait à Veisscnzée, et le vice-roi s’a-vançait sur Hall et sur Mersebourg; la garde impériale était à Weimar . Enparcourant une route jalonnée par tant de souvenirs glorieux, Napoléon reçutles acclamations de la jeune armée, qu’il ne connaissait pas encore. 11 s’arrêtaitpour assister lui-même à la distribution des premières armes qu’elle eût por-tées ; et, passant lentement au travers de leurs longues colonnes, il parlait à sesnouveaux soldats et les encourageait. Bientôt tous l’eurent vu ; tous étaientcertains de vaincre avec lui, et lui, de vaincre avec eux.

Le 29, Napoléon quitta Erfurt à la tête de quatre-vingt mille hommes; levice-roi manœuvrait avec quarante mille pour opérer sa jonction. Ainsi, dès lelendemain, nous allions déployer cent vingt mille combattants devant les alliés,qui croyaient encore n’avoir plus à détruire que les débris échappés de la Russie .L’Empereur avait ordonné la réunion du corps du maréchal Ney à Weissen-fels. L’avant-garde, sous les ordres du général Souham , se trouva tout à coupen face de sept mille chevaux du général Landskoi, soutenus par douze piècesde canon. A défaut de cavalerie, nos conscrits armés de la veille se forment encarrés, protégés aussi par douze pièces d’artillerie, repoussent vigoureusementles charges multipliées des Russes, et ouvrent à Napoléon les portes de Weis-senfels. A la suite de cette brillante affaire, l’ennemi évacua toute la rive gau-che de la Sanie. Le même jour, le mouvement général s’exécutait sur toute laligne française. Le duc de Tarante emportait Mersebourg de vive force, et enchassait les Prussiens d’Yorck, qui avaient déserté ses rangs sur le Niémen . Legénéral Bertrand entrait à Bernbourg et se rendait maître du pont d’Iéna. Le ducde Raguse occupait Kosen, le duc de Reggio , Saalfield. La direction était surLeipsick par Lutzen .

Le corps du prince de la Moskowa se remit en marche, et le 1 er mai la divi-sion Souham , déjà aguerrie parle succès du 29, soutenue cette fois par la cava-lerie du comte de Valmy, et suivie des divisions Girard et Marchand, força lesdéfilés de Posernn, que défendaient quinze mille chevaux, une forte artillerieet une division d’infanterie sous les ordres du général en chef Wittgenstein.L’ennemi appela vainement deux nouvelles divisions de cavalerie et une bat-terie de vingt pièces. Une batterie de la garde impériale, dirigée par le généralDrouot, fit reployer les Russes , et le corps du maréchal Ney continua son mou-vement, le général Souham sur Lutzen , le général Girard sur Pégau. Mais cesuccès coûta des larmes à Napoléon : au commencement de l’action, un coup decanon tua le duc d’Istrie, qu'il avait envoyé reconnaître l’ennemi ; il fut profon-dément affecté de la mort de ce vieux, compagnon de ses exploits d’Italie et d’É-gvpte. Réduit, faute de cavalerie, à ne point poursuivre l’année ennemie, et par