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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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L)E NAPOLEON.

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ment inatlendu, «|ui mntlait soudainement en sa présence des troupes que l’en-nemi croyait avoir coupées du champ de bataille, ne lui laissa plus entrevoir desalut que dans une charge désespérée sur le centre de l’armée française, et pourla seconde fois il emporta le village de Kaja. Notre centre fléchit un moment ;mais cette valeureuse jeunesse, se ralliant tout à coup à la voix de Napoléon ,s'ébranle de nouveau en criant : Vive l'Empereur! Napoléon voyait tomber à sescôtés une foule d’oflicicrs et de soldats. Jamais il ne s'exposa plus volontairementet davantage ; il sentait la nécessité de gagner cette première bataille, soit pourétonner encore l’Europe, soit pour rassurer la France . A l’instant, le comte deLobau reçut l'ordre de se porter, avec seize bataillons de la jeune garde, surIvaya, de donner tète baissée, et de faire main basse sur tout ce qui s’y trouverait ;en même temps quatre-vingts pièces de l'artillerie de la garde partirent au ga-lop, et, couvrant le plateau qui dominait le village, protégèrent par un feu ter-rible l’intervalle du front qu'allaient occuper les corps de Raguse et de Bertrand.Mais les seize bataillons du comte de Lobau, dont le premier choc avait forcéles Prussiens, ne purent résister à de nouvelles troupes et à toute la garde prus-s'ienne; ils durent évacuer le village, où l’ennemi rentrait pour la troisième fois.Les Français s’arrêtèrent à cinquante pas; et, s’étant reformés froidement à lavoix du duc de Trévisc et du comte de Lobau, ils se précipitèrent avec une in-trépidité sans égale dans Kaya, où ils combattirent corps à corps à l'armeblanche contre les vieux soldats des réserves prussiennes. Derrière eux sont lesbataillons sacrés, la vieille garde, que commande ltoguet. 11 faut vaincre de-vant de pareils témoins. Dans le même instant, la détonation de soixante piècesde canon sur la gauche annonce l’attaque de Macdonald. Le vice-roi a culbutéla droite des alliés ; leur gauche a été renversée par les divisions Ronnet, Mo-rand et Compans. La bataille est gagnée sur tous les points. Les alliés sont rejetéssur leurs positions du matin. Vingt-cinq mille morts couvrent le champ de ba-taille, qu’éclaire, toute la nuit, l’incendie de quatre villages; c’est à la lueur deces flammes dévorantes que Napoléon fait expédier les nouvelles de sa victoire.Les souverains confédérés furent défaits à Lutzen avec deux armées de vieuxsoldats, vingt-cinq mille hommes delà première cavalerie de l’Europe , et uneimmense artillerie, par des divisions de conscrits armés de la veille. Avec sescinq divisions et quelques centaines de chevaux badois et hessois, le maréchalNey avait résisté pendant trois heures à tous les efforts des armées combinées.De son côté, le vice-roi avait puissamment contribué à la victoire, soit en cul-butant l’aile droite d’Vorck, soit en coupantà l’ennemi toute retraite sur Zwen-ckau. Le défaut de cavalerie empêcha de poursuivre les vaincus ; et comme unegrande partie de celle de l’ennemi était intacte, l’Empereur ordonna à l’arméede se former et de passer la nuit en carrés par divisions. Il fît plus, il voulutvisiter les avant-postes pour s’assurer de la manière dont l’armée se gardait.

(îrAce à celte prévoyance, la jeune garde, surprise, sur les neuf heures du soir,