UE NAPOLEON.
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La ville de Prague avait été adoptée pour le congrès; l'empereur d Autriche ne tarda point à se rendre, avec sa chancellerie et scs ministres, au château deGiltschin, voisrn de la capitale de la Bohême. Alexandre et le roi de Prusse s’é-taient établis non loin de là, à Trachemberg, sur les bords de l’Oder . Cependantle mois de juin s’écoulait sans que le congrès s’ouvrit, et les délais d’un armis-tice de quarante jours se consommaient sous les lenteurs du cabinet autrichien.D’après le silence de M. de lîubna sur la question de l’alliance qui touchait parti-culièrement Napoléon , le duc de Bassano avait écrit à M. de Melternich qu’ilavait tous les pouvoirs nécessaires pour traiter et de la médiation et de l’alliance.Le 22, M. de Melternich annonça qu’il était autorisé à signer une conventionpour la médiation, et à convenir de certaines réserves pour l’alliance. Ce jourmême, le duc de Bassano répondit : « L'Empereur, qui ne veut pas rendre sonalliance onéreuse à ses amis, ne fait aucune difficulté d’y renoncer. » Aussi, le27, M. de Melternich, débarrassé du fardeau de l’alliance, accourut à Dresde .Le lendemain, ce ministre fut admis à remettre à l’empereur Napoléon unelettre de son souverain ; cette audience devint une longue conférence consa-crée à l’exposition des prétentions de l’Autriche : elle demandait la moitié dol'Italie, l'Illyrie, le retour du pape à Borne, la Pologne saxonne; l'abandon dela Hollande, celui de l’Espagne , la renonciation au protectorat de la Confédé-ration du lthin et à la médiation helvétique : « C’est le partage de l’empire fran-çais que vous voulez, » dit Napoléon . Impatient alors de tous ses griefs contrel’Autriche , il les récapitula avec chaleur; puis, arrivant successivement auxengagements secrets conclus par cette puissance avec l’Angleterre, la llussieel laPrusse, et hors d’état de conserver cette réserve que leur supériorité imposeaux souverains : « Ditcs-moi, Metternich , combien l'Angleterre vous a-t-elle pro-mis pour me faire la guerre? » Cependant celle apostrophe ne termina point laconférence, et en congédiant le ministre autrichien : a La cession de l’Illyrie ,lui dit-il, n’est pas mon dernier mot. » Ce fut sous ces auspices que les deux mi-nistres signèrent, le 30 juin, la convention relative à la médiation autrichienne .M. de Metternich repartit pour Giltschin avec le ressentiment de son injure.La convention signée ne ressemblait guère à celle que Napoléon avait proposéedans le but d’une paix générale. C’était la paix du monde sur les bases déjà pu-bliées dans le Moniteur du 24 mai, qu'il voulait soumettre à la médiation del’Autriche . Jamais, sans doute, arbitrage plus honorable n’avait été conlié à au-cune couronne ; mais le cabinet autrichien s’obstina à retrancher de cette pro-position tout ce qu’elle contenait de généreux; il n’y restait que ce dont ilavait besoin pour assurer le succès de ses projets hostiles contre la France . Auxtermes de la convention du 30 juin, les plénipotentiaires devaient se réunir àPrague le 5 juillet : eu conséquence, l’armistice devait être prorogé jusqu'au10 août, et le cabinet de Vienne s’était réservé de faire agréer cet engagementpar la Itussieet la Prusse. Il ne se hâta point de remplir sa promesse, et ce fut
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