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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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III ST 01 K F.

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l'armée, qui, supérieure à la funeste impression d’un si cruel revers et aux dé-fections successives des Iroupes de la Confédération, ne cessa de combattre deLeipsick jusqu'à Erfurt , c’est-à-dire, du 20 au 23, et contre des forces qua-druples des siennes. L'ennemi la vit toujours la même, toujours digne de sarenommée, à Markransladt, à I’reybourg, à Naumbourg , et surtout à lvosen.Le 22, l’Empereur était à Ollendorf,où, débarrassé parla désertion de tous lesétrangers qui servaient encore dans ses rangs, il se livrait à la sécurité d’un re-pos de famille. Mais un général autrichien, le comte de Mier, s’est glissé lanuit dans son camp, et, encore tout couvert de la poussière des trois journéesde Leipsick, le preux Murat , ou plutôt le roi de Naples, a reçu cet émissaire àson bivouac. Cette circonstance explique l’ardeur de la poursuite du corps deGiulay, auquel appartient le comte de Mier. Ce général a garanti son royaumeà Murat de la part de l’Angleterre et de l’Autriche . Deux jours après, Napoléonet Murat se sont fait des adieux éternels.

Napoléon ne donne, à Erfurt , que deux jours de repos à ses braves soldats.Menacé par Blüchcr du côté d’Eisenach, il dut quitter Erfurt le 25 et se por-ter à Gotha ; le 26, on s’engage avec assez de sécurité dans la forêt de Thuringe ;le 28, nous sommes à Schluchtern , et nous avons passé Fulde. Là semblaits’arrêter l’acharnement de l’ennemi ; il n’a mis à notre poursuite que des hordesde Cosaques qui massacraient avec barbarie nos traînards et nos malades. Nousespérions gagner désormais sans coup férir les remparts de Mayence; mais unobstacle aussi grand qu’imprévu nous attendait aux bords de la Kinlzig, et con-traignit la valeur française à marquer par une victoire ses derniers pas sur laterre germanique.

La nouvelle armée austro-bavaroise, qui avait fait sa jonction à Braunau le19 octobre, s’était mise en mouvement sous les ordres du général de Wrède, etportée à marches forcées sur les derrières de nos troupes, afin de leur fermerla route de la France . Le24, au bruit de la victoire de Leipsick, elle se présentadevant Wurtzbourg : là, elle se vit arrêtée par douze cents Français ; le géné-ral Tharreau, leur commandant, rejeta toutes les sommations d’une armée decinquante mille hommes. Le 29, de Wrède occupait Hanau avec le gros de sonarmée. Napoléon, instruit de cette circonstance, partit de Schluchtern et ren-versa les brigades autrichiennes et bavaroises qui inquiétaient son passage. Cer-tain qu’une bataille devait encore ouvrir à son armée les portes de la vieilleFrance, il fit diriger sur Coblentz tous les bagages, sous la protection de lacavalerie des généraux Milhaud et Lefebvre-Desnouettes . En effet, le 30, qua-rante-cinq mille hommes l’attendaient sur la Kintzig, en avant de Hanau , cou-verts par une artillerie formidable. Au débouché de la forêt qui sépare les deuxarmées, Napoléon , faute d’artillerie, fut obligé de suspendre l’attaque et de seborner à la fusillade de ses tirailleurs. A trois heures, le général Drouot paraitavec cinquante pièces de la garde, et fait taire le feu de l’ennemi. Mais une