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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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HISTOIRE DE NAPOLÉON.

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Espagne que le petit port de Santona, qui, presque sans défense, partagera avecHambourg, à l’autre extrémité de l’Europe , l’honneur de garder le drapeau tri-colore jusqu’au traité de Fontainebleau.

Le prince Eugène, arrivé le 18 mai à Milan , après s’être illustré par la belleretraite de Posen , comptait, vers le milieu de juillet, sous ses drapeaux, plus decinquante mille hommes. Dans le mois d’août il occupait sur la ligne de laSaave,Wippach, Alpen, Tarvis, Villach, Laybach et Trieste ; des succès variés luienlevèrent et lui rendirent ces diverses positions, qu’il aurait fini par conser-ver, malgré le soulèvement de l’HIyrie et la désertion de tous les soldats descontrées réunies à la France. Mais le traité de Ried entre l’Autriche et la Ba-vière étant venu donner tout à coup à la guerre d’Italie un caractère plusgrave, en ouvrant aux troupes autrichiennes les défilés du Tyrol, le vice-roicrut devoir resserrer sa ligne. Ce prince se trouvait, comme son père adoptif,les armes àla main contre son beau-père; comme Napoléon , il fut aussi trahidans son camp, et marcha entre la défection du roi de Bavière et la perfideamitié du roi de Naples. Si Joachim, que Napoléon et le vice-roi appellent ausecours de l’Italie , reste fidèle, la route de Vienne reverra Eugène et Murat.Tous deux sont ses élèves, ses compagnons d'armes. Il appelle l’un son fils, etl’autre son frère.

La tûche d’Eugène était cruelle : condamné à redescendre les premiers degrésde la gloire militaire de Napoléon , à franchir les pentes et non plus les sommetsdes Alpes Juliennes , sa retraite est une lutte perpétuelle. Le 31 octobre, il prendBassano aux Autrichiens ; le 5 novembre, après avoir secouru Palma-Nova etorganisé la défense de Venise, il se replie sur l’Adige , et porte son quartier-général à Vérone. Le 15, il bat à Caldiero le général Bellegarde; le 27, un re-vers enlève aux Français Ferrareet Itovigo; les Autrichiens s’opiniâtrent à oc-cuper ces deux territoires, parce qu’ils savent que Joachim, qui a fait dresserses tentes derrière celles du vice-roi, attend des nouvelles du prince Cariati ,son négociateur auprès du cabinet de Vienne. Ce prince est resté à Naples avecl’Autrichien Neipperg et un envoyé de l’Anglais Bentinck. Les proclamations cou-vrent l’Italie. De Ravennes , le général Nugent promet aux Italiens le bonheurdont ils jouissent a présent, sous la maison d’Autriche ; Joachim leur annoncehautement leur indépendance. L’attitude équivoque ou plutôt menaçante du roiJoachim était l’objet constant de la correspondance de l’Empereur avec le vice-roi. « Faites-lui toutes les prévenances possibles, écrivait Napoléon à Eugène, le 3décembre, pour en tirer le meilleur parti. ï> En attendant, et d’après les ordres del’Empereur, les villes, les arsenaux, les magasins des provinces françaises et ita-liennes sont ouverts aux Napolitains. Joachim a demandé des armes à l’Empe-reur; il les reçoit pour les tourner bientôt contre la France . Zara a succombéà un siège et à un bombardement par la défection des Croates. Venise , que lesAutrichiens bloquent étroitement, repousse leurs attaques avec vigueur. Dans

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