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HISTOIKE
la vieille France . Cependant qu’ont-ils à craindre, ces généraux, à la tête deleurs masses victorieuses? Us n'ont laissé derrière eux que des captifs à Ham-bourg, à Dantzick et dans quelques places du Nord. Dès le 11 novembre, le maré-chal Saint-Cyr avait capitulé à Dresde , pour ses trente-deux mille hommes, avecles généraux Tolstoï et Klenau. Mais le dernier ambassadeur d’Autriche à Paris ,le généralissime Schwartzemberg, a refusé de ratifier la capitulation ; et lors-qu’ils s’avançaient vers la France , Saint-Cyr et son armée ont été investis, dés-armés, conduits prisonniers eh Autriche ! Le 21 novembre, Stettin , après huitmois de blocus, ouvre ses portes ; le 24, Amsterdam reçoit le général Bulow,proclame l’indépendance de la Hollande et le rappel de la maison d’Orange ;le 2 décembre, Utrecht se rend; le 4, les Suédois sont dans Lubeck ; le 10,l’ennemi occupe Breda et Wilhemstadt ; enfin, le 15, pour qu’il ne restât plusen Europe un seul allié à Napoléon , le fidèle roi de Danemarck signe malgrélui un armistice avec les Busses. Cependant la forte ville de Torgau , où vingt-sept mille hommes ont été entassés dans les maisons d’une population de quatremille cinq cents habitants, a subi tous les maux de l’humanité, toutes les hor-reurs de la guerre : en proie à une contagion qui dévore quatre cents hommespar vingt-quatre heures, bombardée nuit et jour, livrée à la famine, au déses-poir, elle n’a plus d’autre asile pour ses morts que les glaces de l’Elbe . Son ci-metière est occupé par l’ennemi. Son gouverneur, Narbonne , le négociateur dePrague , a péri victime du typhus. Le général Dutaillis, qui le remplace, aurajusqu’au dernier moment la force de tenir fermées à l’ennemi les portes decette malheureuse place.
Le 11 décembre, au milieu des désastres de ses troupes d’Outre-Rhin, etdestrames machiavéliques de la coalition, Napoléon , par le traité deValençay,donne un gage solennel à la paix, dont il a reconnu les bases posées par lesalliés eux-mémes, et rend l’Espagne à Ferdinand. Le duc de Bassano avaitencore entamé une autre négociation avec le pape; il la continua, quoiqu’il nefût plus ministre des relations extérieures; l’évêque de Plaisance, qui en étaitle plénipotentiaire, la fit connaître par des lettres qu’il publia dans les jour-naux. Ainsi Napoléon , en traitant avec Ferdinand et avec le pape, était allé delui-même au-devant de ces bases de Francfort , qu’on lui refusait depuis qu’illes avait acceptées.
Cependant, le 15 novembre, un sénatus-consulte avait appelé trois centmille hommes sous les armes ; un autre avait fixé au 15 décembre l’ouverturedu Corps Législatif. Le 17 de ce mois, un décret impérial mobilisait cent qua-tre-vingt mille gardes nationaux, pour renforcer les garnisons de l’intérieur.Napoléon a besoin de toutes les ressources de la France et de toutes celles deson génie au moment où il doit faire face aux périls sans nombre qui l’envi-ronnent. Pour trouver des secours et du dévouement dans de si graves circon-stances , il avait convoqué le Sénat, le Corps Législatif et le Conseil-d’État . 11