Il 1STO 114F I)F NAPOLÉON.
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Le duc de Vicence , muni des pleins pouvoirs de l’Empereur, n'avait pu êtreadmis auprès de M. de Metternich . Le 18 janvier, il attendait encore ses passe-ports aux avant-postes français. Napoléon avait lu clairement dans les proposi-tions des alliés, en disant à ses plénipotentiaires qu’elles n’étaient qu’un masque.Et sans doute, après les démarches officielles qu’il avait fait résulter de la noteconfidentielle de M. de Saint-Aignan, il n’était point permis d’accuser l’Empe-reur de ne pas vouloir mettre un terme à la guerre, quand, d’ailleurs, il necomptait plus qu'une petite armée de cinquante mille hommes pour défendrela France assiégée par un million de soldats. La paix n’était pas seulement undevoir pour lui; elle était une nécessité, une loi de la fortune, si toutefois laconduite des alliés s’accordait avec leurs déclarations.
Ce même mois de janvier devait encore être fatal à l'honneur du diadème. Ensouverain à qui la France donnait depuis vingt ans le titre de sonpremier soldat,que Napoléon , en reconnaissance de cette valeur devenue historique, avait unià sa famille et doté d’une des plus belles couronnes de l’Europe , le roi Joachim,oublie tout à coup qu’il n’est rien sans la France. 11 imite Bernadotte , et courtse placer à la suite des intérêts et des défections des anciennes dynasties. Le Gde ce mois, il a signé un armistice avec l’Angleterre; le 11, un traité d’allianceoffensive et défensive avec l’Autriche , en vertu duquel trente mille Napolitainsdoivent marchercontre la France . 11 ferme au vice-roi la route devienne, qu’unebataille combinée avec le roi de Naples lui aurait infailliblement ouverte.
La France semble marquée de la même fatalité au-dedans qu’au-dehors. Dansle courant de janvier, le Fort-Louis, Montbelliard, Haguenau , leFort-l’Écluse,Saint-Claude, Cologne, Trêves, Vesoul,Épinal,Forbach, Bourg-en-Bresse , Nanci,le Fort de Joux, Langres, Dijon, Toul, Chambéry, Châlons-sur-Saône , Bar-sur-.\ube_, sont occupés par l’ennemi. Cependant Napoléon , oubliant la résistancequ'il vient d’éprouver dans le Corps-Législatif, a appelé aux armes toute la po-pulation virile des Vosges, de la Haute-Saône, de l’Isère, de la Drôme, du Jura ,du Doubs, du Mont-Blanc, de la Côte-d’Or, de l’Yonne, de l’Aube , du Haut etdu Bas-Rhin. On donne aux levées en masse de ces départements des officiers etdes généraux qui y sont nés ; le général Berckeim a sous ses ordres toutes cellesde l’Alsace . Dès le 8 janvier, un décret a mis en activité les trente mille hommesde la garde nationale de Paris ; l’Empereur les commande en chef, et prend lemaréchal Moncey pour major-général. Cette armée est l’armée de la capitale.Les invalides de Fleurus, de Jemmapes, d’Arcole, d’Austerlitz, d'Iéna , d’Ess-ling, de Wagram, de Friedland, et quelques-uns de Moskou , demandent à par-tager les travaux de la défense nationale ; plusieurs centaines de ces vétéransgénéreux vont grossir les bataillons de l’armée active : « Le moment est venu,
« disait le Moniteur, où, de tous les points de ce vaste empire, les Français qui« veulent délivrer promptement le territoire de la patrie et conserver l’honneur« national que nous tenons de nos pères, doivent prendre les armes et marcher
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