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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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I)K NAPOLÉON.

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Les deux routes de Châlons sont balayées par les troupes françaises dix foisvictorieuses ; maintenant Napoléon est appelé sur les routes de la Seine , oùs'avance Schwartzembcrg, tandis que Mortier et Marmont restent gardiens desavenues de Châlons. Le 15, l’Empereur marche sur Meaux avec sa garde et lecorps de Macdonald ; il prévient Victor et Oudinot que le lendemain il débou-chera derrière eux par Guignes. Le 16, c’est à leur canon que l’Empereur serallie; ils se battaient dans la plaine de Guignes : sa présence arrête l’ennemi.Schwartzemberg, avec ses cent cinquante mille hommes, avait à la fin forcé lesponts de Nogent, de Bray, de Montcreau, et s’avançait sur Nangis, dans l’espoird’arriver à Paris avant Blücher . Le 17, Napoléon attaque Schwartzemberg de-vant Nangis ; les dragons venus d’Espagne avec le général Treilhard contribuentau succès de cette journée. Schwartzemberg, vaincu comme Blücher , éprouvela déroute la plus complète : Oudinot et Kellermann poursuivent les Bussesjusqu'à Nogent ; Macdonald, les Autrichiens sur Bray; et Gérard, les Bavarois,qu’il écrase à Donne-Marie et à Villeneuve. Victor a l’ordre de s’emparer lesoir même du pont de Montcreau; et Napoléon va coucher au château de Nan-gis, dans la confiance que Montcreau est occupé par ses troupes ; il espère alorsforcer Schwartzemberg à une bataille rangée.

Le 17, dans la soirée, un officier autrichien se présente aux avant-postes ; ilvient demander une suspension d’hostilités. Napoléon saisit cette occasion d'é-chapper aux lenteurs et aux perfidies d’un congrès, et écrit directement à sonbeau-père, en lui envoyant une lettre de Marie-Louise. Il témoigne le plus vifdésir d’entrer en arrangement avec l’Autriche ; mais, après ses huit jours devictoire, il compte traiter sur de meilleures bases que celles de Châtillon, parlesquelles on lui dictait les plus dures conditions. En même temps, et sous l’in-spiration du retour de la fortune à ses drapeaux, il s’empresse de mander au ducde Vicence : « Je vous ai donné carte blanche pour sauver Taris et éviter une« bataille qui était la dernière espérance de la nation : la bataille a eu lieu ; la« Providence a béni nos armes; j’ai fait trente à quarante mille prisonniers; j’ai« pris deux cents pièces de canon, un grand nombre de généraux, et détruit« plusieurs armées, sans presque coup férir; j'ai entamé hier l’armée du prince« de Schwartzemberg, que j’espère détruire avant qu’elle ait repassé nos fron-« tières. Votre attitude doit être la même, vous devez tout faire pour la paix ;

« mais mon intention est que vous ne signiez rien sans mon ordre, parce que moi *« seul je connais ma position.... Je veux la paix ; mais ce n’en serait pas une<c celle qui imposerait à la France des conditions plus humiliantes que celles de« Francfort ... Jesuis prêta cesser les hostilités, et à laisser les ennemis rentrer« tranquilles chez eux, s’ils signent les préliminaires basés sur les propositions« de Francfort ... »

Pendant que ces choses se passaient à Nangis le congrès s’était ouvert le 17,et les plénipotentiaires alliés présentaient leur projet de traité préliminaire.