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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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DE .NAPOLÉON.

53ô

Épernay ; le 18, Napoléon entre à Fère-Cliampenoise, où M. de Kumigny paraîtencore, venant de Châtillon. A la séance du 13, les plénipotentiaires alliés ontrenfermé le duc de Vicence dans un cercle de vingt-quatre heures pour don-ner son contre-projet. D’après cette résolution, leur projet est à peu de choseprès leur ultimatum. Le duc de Vicence demande un nouveau délai : il l’ob-lient; et, le 15, jour de la séance décisive, il présente un contre-projet où il neparle nullement des concessions spécialisées par l’Empereur lui-méme le 2 mars;mais il réclame le grand-duché de Varsovie pour le roi de Saxe, et les souve-rainetés dont ils sont titulaires pour la princesse Élisa, pour le grand-duc deBerg, pour le prince de Neuchâtel, et enfin pour M. de Talleyrand .

La correspondance et le protocole des séances de Châtillon prouvent que lapaix aurait été faite le 13, le 14, le 15, le 16, le 17, si le duc de Vicence eûtaccédé aux sacrifices que, dans son intime conviction, l’Empereur ne pouvaitéviter. La gloire d’une résolution généreuse autant qu'habile lui restait toutentière, et sans aucun péril, puisqu’il avait pour appui les ordres du cabinet etla voix de la France .

Le 18, les alliés annoncent à nos plénipotentiaires que les négociations sontterminées par le fait de la F'rance. Cette fatale nouvelle arrive au hameau deChâtres au moment où Napoléon écrivait à Caulaincourt : « Il est bien temps de« parvenir à savoir quels sont les sacrifices que la France ne peut éviter de faire« pour obtenir la paix. » Tout nous devient funeste : les dépêches de l’Empe-reur avaient été confiées à l’auditeur Frochot ; l’ennemi le retarde dans saroute ; il n’a pu rejoindre le duc de Vicence que le 21, et il le rencontre à quel-ques lieues de Châtillon. Frappé de la teneur de ces dépêches du 17, Cau-laincourt s'arrête à Joigny, d’où il écrit à M. de Metternich , « que le courrierqu'il vient de recevoir a augmenté ses regrets. Ce qu’il m’a apporté, dit-il, ne melaisse pas de doute stir la possibilité qu'on aurait eue à s’entendre, même à Cltti-lillon. »

Cependant Napoléon apprend à Châtres que la déroute du corps de Saint-l’riesl à Reims, et sa propre marche sur Épernay , ont changé en retraite versTroyes le mouvement général des alliés sur Paris . Une terreur panique a saisile conseil des rois ; celte terreur était si grande, qu’Alexandre disait lui-mêmeque la moitié de sa tête en grisonnerait. Macdonald et Oudinot, qui avaient dûrétrograder de Provins , ont rejoint l’Empereur à Plancy; ils croyaient pour-suivre Wittgenstein, et Napoléon croyait manœuvrer sur les flancs de l’ennemicontre un corps isolé. Peu de jours après, une erreur tout-à-fait contraire de-vait lui être bien fatale.

Le 20, l’Empereur veut traverser Arcis pour remonter jusqu a Bar-sur-Aube ;mais les reconnaissances qu’il a envoyées sur Troyes ont rencontré l’ennemi.Une affaire sérieuse s’engage avec l’avant-garde. Napoléon s’y porte à la tête detrente mille hommes, afin de balayer sa route. Une armée immense se déve-