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sa fidélité : « Je regrette , lui dit-il, de n’avoir plus à vous donner d’autres té-moignages de mon estime. » En effet, pendant toute la négociation, Napoléon s’était plu à nommer le maréchal un homme d’honneur.
Par le traité signé le 11 à Paris et le 13 à Fontainebleau , l’empereur Na-poléon , l’Impératrice et tous les membres delà famille impériale conservèrentleurs titresetleurs qualités. L’ile d'Elbe lui fut accordée en toute souveraineté,avec deux millions de revenu, dont un réversible à l’Impératrice, et à la chargede la France. On donna en toute propriété à l’Impératrice les duchés de Parme ,Plaisance et Guastalla. Le traité affecta en outre deux millions cinq cent millefrancs de revenu, comme propriété, et transmissibles à leurs héritiers, auxmembres delà famille impériale, indépendamment de leur fortune particulière;il assigna un million pour le traitement de l’impératrice Joséphine, et un éta-blissement convenable fut assuré hors de la France au prince Eugène. Sur lesfonds que l’Empereur abandonna à la couronne , un capital de deux millionsfut réservé pour gratifications aux généraux de sa garde, à ses aides-de-camp,à sa maison. L’article 13 portait « que les obligations du Monte-N'apoleone de« Milan envers tous les créanciers de Napoléon, soit français , soit étrangers,« seraient exactement remplies. » [C’était la seule condition que Napoléon avaitmise à l’abdication du trône d’Italie : elle n’a pas été remplie. ) L’article 17 portaitque « S. M. l’empereur Napoléon pourrait emmener avec lui et conserver pour« sa garde quatre cents hommes de bonne volonté. »
La publication de l’armistice et de l’ordre d’adhésion au gouvernement pro-visoire arrêta tout à coup dans leNord les succès miraculeux du général Maison,qui, avec ses douze mille hommes, tenant tête à soixante mille hommes del’armée du prince royal de Suède , était rappelé en libérateur par les peuplesde la Belgique . Le maréchal Soult, tant en son nom qu’au nom du maréchalSuchet , dut aussi conclure un armistice avec lord Wellington. Le généralDecaen l’avait signé pour son armée de la Gironde avec lord Dalhousie; et lemaréchal Augereau, ayant conclu le sien avec le prince de Ilesse-IIombourg,adressa à son armée une allocution dans laquelle il osait dire que Napoléonn avait pas su mourir en soldat; lui qui avait abandonné Lyon aux Autrichiens !
L’abdication et l’armistice passèrent les Alpes , et vinrent avertir le vice-roiqu’il n’y avait plus pour lui ni drapeau français ni drapeau italien. L’évacua-tion de l’Italie fut convenue entre ce prince et le maréchal de Bellegarde, pardes commissaires. Les adieux de l’armée française à la belle Italie durent re-tentir jusqu’au cœur de Napoléon. Le 15, l’empereur d’Autriche arriva à Paris ,pour s’entendre féliciter par le Sénat d’avoir détrôné son gendre ; le 16, il en-leva à Napoléon son fils et sa femme ; l’un et l’autre partirent pour Vienne .
Enfin, le 20 avril, Napoléon va se séparer de sa fidèle armée, de sa garde!...Sa garde! elle est rangée dans les cours du palais pour recevoir ses adieux. Cesvieux soldats, noircis par tous les climats, cicatrisés par la guerre, flétris par