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faisait, comme roi de France, une entrée solennelle dans la ville de Londres .Félicité à son arrivée au palais par le prince régent, le roi avait répondu à ce
prince : « . C’est aux conseils de V. A. H. , à ce glorieux pays et à la con-
<( fiance de ses habitants que j’attribuerai toujours, après la divine Providence.
« le rétablissement de notre Maison sur le trône de ses ancêtres.» Et, en
effet, c'était bien la Grande-llretagne qui rendait la France à Louis XVIII ltien ne manquait plus à la catastrophe qui précipitait du trône le capitaine dusiècle, investi de tous les titres dont peut ôlre décorée une fortune humaine;celui que l’armée avait appelé son héros , la France son libérateur , le Sénat Na-poléon le Grand; celui qui était pour l’Europe l'homme de la destinée , le dis-tributeur des couronnes et le souverain des rois; en qui le clergé français cé-lébrait f Envoyé du Très-Haut, et que le pape avait nommé tant de fois \'Ointdu Seigneur.
Partout sur son passage. Napoléon fut accueilli aux cris de vive l’Empereur !Nulle part les témoignages d’amour et de regrets n’éclatèrent plus vivementqu’à Lyon ; mais le maréchal Augereau eut l’audace et la bassesse d'insulter aumalheur d’un grand homme qu’il avait trahi, et de couronner par celte in-famie le crime d’une défection qui méritait la mort. Le reste du voyage ne futpas exempt de dangers ; ils augmentèrent à mesure qu’on avançait vers les pro-vinces méridionales. Napoléon n’entra pas dans Avignon , où douze mille for-cenés manifestaient des intentions féroces. A Orgon , la fureur était encore plusviolente contre lui : des misérables, rassemblés pour fêler les généraux au-trichiens, voulurent le massacrer. Il courut d'autres risques très-graves, etpeut-être le vainqueur généreux qui avait rendu des trônes aux rois vaincus ,et relevé des empires abattus à ses pieds, fut-il réduit à se mettre sous la pro-tection de l’étranger, pour ne pas tomber victime de brigands apostés par desconspirateurs bien plus coupables et bien plus odieux que leurs barbares in-struments. Napoléon échappa aux émeutes semées sous ses pas, et s’embarquaenfin au port de Saint-Kaphoau. Quatorze ans auparavant, celte même contréel avait vu arriver d’Égypte pour aller prendre les rênes d'un empire. Une fré-gate anglaise se chargea de transporter dans l’étroite domination que la fortunelui laissait, celui qui naguère était le maître du continent.
Le :> mai, à six heures du soir, l’Empereur entra à Porto -Fcrrajo; il y futreçu par le général Duhesme, commandant français : «Général, lui dit-il, j'ai« sacrifié mes droits aux intérêts de ma patrie, et je me suis réservé la pro-« priété et la souveraineté de file d’Elbe . Faites connaître aux habitants le« choix que j’ai fait de leur île pour mon séjour. Ditcs-leur qu’ils seront tou-« jours pour moi l’objet de mon intérêt le plus vif. » Le maire de Porto-Fcrrajoremit à Napoléon les clefs de la ville; la mairie devint le palais; un Te Deum ,où assista l’Empereur, fut chanté dans la cathédrale ; ainsi se termina l’inau-guration de celte souveraineté si restreinte. L’exercice de son gouvernement
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