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HISTOIRE
l'Empereur, qui eut des conséquences funestes. En effet, les fédérations bre-tonne, bourguignonne, lyonnaise, angevine, alsacienne, se formèrent vaine-ment sous les plus rigoureux serments, au bruit des chants populaires; ellesne trouvèrent pas leurs places dans le grand système de la défense générale,dont la nation, ainsi fédérée, eut été l’arme invincible. Inquiet de l’aspect, del’ardeur de ces fédérations, auxquelles ressemblaient toutes les autres insur-rections volontaires des campagnes, Napoléon parut également redouter, en lesacceptant, de voir renaître cette force morale qui, après avoir fait lever toutun peuple sous le drapeau d’un chef pour défendre son indépendance contrel’étranger, le tient encore debout après la victoire, pour défendre aussi contrece même chef les libertés de la patrie. Il jugea les fédérés ; et ne voulant pas enfaire des citoyens, il en fit des mécontents. Sans doute Napoléon était biengrand à la tête de la glorieuse armée qui vint ressusciter sous ses aigles; maisla France entière se levant contre l’Europe entière sous un pareil dictateur,était plus grande encore. Napoléon et l’armée pouvaient succomber dans unelutte avec l'Europe; Napoléon et la France étaient invincibles.
Le 1G avril, cent coups de canon annoncèrent à la capitale que le drapeau tri-colore flottait à Marseille, Antibes et Draguignan . Le maréchal Masséna, gou-verneur de cette division militaire, avait eu son gouvernement envahi le pre-mier parNapoiéon, et ce fut le dernier qui reconnut l’autorité de l’Empereur.Le 12 avril, le maréchal rendait compte des retards que la présence du ducd’Angoulême avait apportés à la soumission de Toulon et de Marseille. Toulon ,que le prince voulait mettre en dépôt, entre les mains des Anglais , n’avait ar-boré que le 11 les couleurs nationales. Pour contre-poids à celte heureuse nou-velle, on apprit par des lettres interceptées que le duc de Wellington avaitquitté Vienne le 25 mars; que le roi de Prusse retournait le 30 à Berlin ; queles empereurs d’Autriche et de Russie partaient le 1 er avril pour le quartier-général de Francfort. Tandis que tout se préparait à la guerre au-delà du Rhin et en France, l’Italie aussi était devenue le théâtre d’un grand événement, qui,en dérangeant les vues de Napoléon , donna tout à coup à la coalition un avan-tage inespéré. Joachim Murat, qui avait abandonné Napoléon en 1814, qui, enrécompense de cet abandon, avait conservé sa couronne, était au moment d’êtrereconnu par l’Angleterre elle-même, comme l'avait été Rernadotte; Joachim,cédant à une sorte de remords de vanité, venait de se décider à affronter seull'Europe en armes, et à lever l’étendard de l’invasion contre l’Autriche , quoi-que Napoléon n’cùt cessé de lui prescrire de ne pas agir avant d’avoir reçu sesordres. Au lieu d’attendre le signal de Napoléon pour marcher, et de ne pas trom-per une seconde fois sa confiance par une tentative qui les perdait tous deux.Murat courut attaquer les Autrichiens à la tête de cinquante mille Napolitains,et entra dans Florence le G avril. Les Autrichiens, surpris, furent obligés de sereplier depuis Césenne jusqu'aux rives du Pô; mais les généraux Bianchi et