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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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DE NAPOLÉON.

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« injustes agressions, et que l’Europe sera convaincue de ce qu'on doit aux« droits et à l’indépendance de vingt-huit millions de Français , une loi solen-« nelle, faite dans les formes voulues par l’acte constitutionnel, réunira les« différentes dispositions de nos constitutions aujourd’hui éparses. Français !« vous allez retourner dans vos départements. Dites aux citoyens que les cir-« constances sont grandes !!! qu’avec de l’union, de l’énergie et de la persévo-« rance, nous sortirons victorieux de cette lutte d’un grand peuple contre ses« oppresseurs ; que les générations à venir scruteront sévèrement notre con-te duite; qu’une nation a tout perdu quand elle a perdu l’indépendance. Dites-« leur que les rois étrangers que j’ai élevés sur le trône, ou qui me doivent la« conservation de leur couronne, qui tous, au temps de ma prospérité, ont« brigué mon alliance et la protection du droit français , dirigent aujourd’hui« tous leurs coups contre ma personne. Si je ne voyais que c’est à la patrie« qu’ils en veulent, je mettrais à leur merci celte existence contre laquelle ils« se montrent si acharnés. Mais dites aussi aux citoyens que, tant que les Fran-« çais me conserveront les sentiments d’amour dont ils me donnent tant de« preuves, cette rage de nos ennemis sera impuissante. Français ! ma volonté est« celle du peuple ; mes droits sont les siens ; mon honneur, ma gloire, mon bon-ci heur ne peuvent être autres que l’honneur, la gloire et le bonheur de la« France . »

Après ce discours, prononcé d une voix ferme, aux applaudissements una-nimes des spectateurs, l’orateur des corps électoraux proclama le résultat gé-néral des scrutins ouverts dans toute la France pour l’acceptation de l’Acteconstitutionnel. Alors Napoléon , descendant les degrés de son trône, se rendità un autel immense que l’on avait construit au milieu du Champ-de-Mars , etlà, de même que Louis XVI en 1790, il prêta sur l’Évangile son serment defidélité à la nouvelle Constitution. Ainsi soumis à un engagement sacré, l’Em-pereur reçut à son tour le serment du peuple par la députation électorale; celuides armées, par les ministres de la guerre et de la marine ; celui des gardes na-tionales, par le ministre de l’intérieur; et enfin il distribua lui-même les aiglesà la garde nationale de Paris et à la garde impériale. « Jures de les défendre ! »leur dit-il; elles répondirent : « Nous le jurons! » Le cri de vive l'Empereur!retentit tout à coup dans l’assemblée et dans le Champ-de-Mars , et fut au loinrépété par la foule. Les troupes défilèrent devant Napoléon . Les habitants deParis ne pouvaient se rassasier de voir ces bataillons sacrés de la vieille et dela jeune garde, où la croix d’honneur désignait à la reconnaissance publique desrangs entiers de soldats. On se pressait autour d’eux, on les saluait, on lesadmirait. Ces derniers gardes de Napoléon emportaient avec eux tous les sou-venirs de la gloire militaire, de la liberté et de l’empire. Leur attitude, toujourshéroïque, était pourtant silencieuse : ils avaient l’air de savoir tous qu’ilsmarchaient à un sacrifice qui ne devait ni sauver l’empire, ni conquérir la liberté.

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