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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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DE NAPOLEON .

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nonce pour le lendemain une grande bataille; Napoléon la désire, car il es-père frapper un roup décisif avant que la coalition ait jeté tous ses soldats surla France .

La coopération de Grouchy était pour Napoléon le gage du triomphe; laseule crainte qu’il éprouvât, c’était que Wellington n’osât l’attendre dans lesplaines de Waterloo ; et, la nuit, il visita les lignes des grand’gardes, pours'assurer que l’ennemi ne lui abandonnait pas le champ de bataille. Enfin l’au-rore vint dissiper ses inquiétudes : toute l’armée anglaise est devant lui; lesrayons du soleil ont éclairci tout à coup l’atmosphère, chargée depuis quelquesjours de nuages orageux. A dix heures et demie, Napoléon parcourt les rangsde ses soldats, dont l’enthousiasme belliqueux lui promet de vaincre ou de mou-rir. Ils tiendront leur serment. Quant à l'Empereur, il a fait ses dispositionspour percer le centre des Anglais , les pousser sur la chaussée, et, arrivant audébouché de la forêt, couper la retraite à la droite et à la gauche de leur ligne.Le succès de cette attaque doit rendre toute retraite impossible à Wellington,le séparer de l’armée prussienne, et lui faire expier cruellement la faute qu'ila commise par le choix du champ de bataille de Waterloo, en avant d’une fo-rêt épaisse et d’une grande ville, après la défaite de Blücher .

La pluie, qui a tombé par torrents pendant toute la nuit, avait rendu leschemins presque impraticables ; la marche de nos soldats en fut nécessairementralentie : ils ont d’ailleurs à sécher leurs armes et à les mettre en état; le com-bat ne doit s’engager que vers une heure par trois attaques simultanées. Lestroupes anglo-bataves, rangées en bataille sur la chaussée de Charleroy àBruxelles, en avant de la forêt de Soignes , occupaient les hauteurs, depuis leplateau qui domine le château de Ilougoumont jusqu’au penchant d’un autreplateau près des fermes de La Ilaie et de Papelotte. La position de Ilougou-mont, à la gauche des Anglais , devenait poureux de la plus grande importance,car c’était par-là que les Prussiens devaient les joindre. Wellington y avaitjeté scs plus braves soldats ; c’est sur ce point aussi que Napoléon dirige lapremière attaque. Jérôme, qui en est chargé, enlève le bois de Ilougoumont ;prise et reprise plusieurs fois par les Français et les Anglais , cette positionreste enfin au pouvoir des premiers. Mais l’ennemi s’est maintenu dans lechâteau, qu’il a crénelé avec soin, et qui renferme ses meilleures troupes; legénéral Reille reçoit l’ordre de mettre le feu à ce château avec une batteried’obusiers.

A la droite, le comte d’Erlon, appuyé par une immense artillerie, se portevers le village de Mont-Saint-Jean. Là éclate une épouvantable canonnade quiporte le ravage dans les rangs de l’infanterie anglaise et balaie le plateau. Na- „poléon, après avoir parcouru toute la ligne, au milieu de l’enthousiasme etdes acclamations de joie de ses troupes, se place sur une éminence près de laferme de la Belle-Alliance, d’où il peut embrasser toutes les parties du champ