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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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de malheur, le général Gourgaud, qui, de retour en Europe , n’a cessé de dé-fendre Napoléon pendant sa vie et après sa mort, fut condamné, par le déla-brement total d’une sanlé depuis longtemps chancelante, à rompre le band’une fidélité qui lui était bien chère. Ainsi Napoléon se trouva tout à coupprivé de quatre compagnons qui, par la variété de leurs services et parcelle de leurs connaissances, contribuaient chaque jour à lui alléger le fardeaude l'existence ; il n’avait plus auprès de lui que les généraux Bertrand et Mon-tholon.

Malgré la défense du gouverneur, O’Meara était allé rendre compte à Napo-léon de la nécessité de son départ. « Le crime s’en consommera plus vite, lui« dit Napoléon... Quand vous serez arrivé en Europe , vous irez trouver mon« frère Joseph; vous lui direz que je désire qu’il vous donne le paquet conte-« nant les lettres particulières et confidentielles qui m’ont été écrites par les« empereurs Alexandre et François, par le roi de Prusse et les autres souve-« rains de l’Europe , que je lui ai confié à Uochefort.

« Vous les publierez pour couvrir de honte ces souverains, et découvrir au« monde l’hommage vil que ces orgueilleux vassaux me rendaient quand ils« sollicitaient des faveurs ou me suppliaient pour leurs trônes. Lorsque j’étais« fort et que j’avais le pouvoir en main, ils briguèrent ma protection et l’hon-« neur de mon alliance, et ils léchèrent la poussière de mes pieds : maintenant« que je suis vaincu, ils m’oppriment lâchement, et me séparent de ma femme« et de mon enfant. »

Napoléon recommanda ensuite au docteur de tâcher de lui envoyer des ren-seignements authentiques sur la manière dont son fils était élevé, a Qu’il n’ou-« blie jamais, dit-il, qu’il est né prince français! Adieu, O’Meara , nous ne« nous reverrons plus ! »

Le docteur Stokoë, chirurgien du vaisseau le Conquérant, remplaça le doc-teur O’Meara, et fut aussi congédié par le gouverneur. Napoléon resta sansmédecin pendant près d’une année. Ce fut après cette période, et lorsque lamaladie avait eu le temps de prendre un caractère incurable, qu’il vit arriverle docteur Antomarchi, professeur de Florence, et les chapelains Buonavita etVignali, envoyés de Rome par le cardinal Fesch, tous les trois compatriotes deNapoléon . Us lui apportaient les vœux de la terre natale; ils devaient bientôty porter ses derniers adieux. La première entrevue avec Antomarchi, qui eutlieu le 23 septembre 1819, brisa son âme, émue par les souvenirs les plustendres. 11 reçut alors avec transport le portrait de son fils, qu’il contemplalongtemps, les yeux pleins de larmes. «Cher enfant, s’il n’est pas victime de« quelque infamie politique, il ne sera pas indigne de celui dont il tient le« jour. » Quelque temps après cette scène, suivie de plusieurs autres où l’amourpaternel avait éclaté avec toute la tendresse possible, l’Empereur, rentrant ac-cablé de fatigue, et ne sachant que faire pour combattre une mauvaise disposi-