III S T ü I U E
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!?rets d’une famille française . En ce moment, le gouverneur parut se joindre ala douleur dont les amis de Napoléon étaient accablés. Il déplora la perte qu’ilsavaient faite , en annonçant qu’elle était d’autant plus fâcheuse que son gou-vernement revenait à bien. Le ministère l’avait chargé d’annoncer au généralBonaparte que l’instant approchait où la liberté pourrait lui être rendue, etque Sa Majesté britannique ne serait pas la dernière à accélérer le terme de sacaptivité.
Napoléon resta exposé le 6 et le 7 mai. Tout Anglais fut libre de venir con-templer l'hôte du Bellérophon, le mort de Sainte-Hélène . Le concours fut géné-ral et la douleur unanime. Pas un habitant qui ne pleurât sur Napoléon ; pas unsoldat qui ne donnât des regrets au grand capitaine. Ses souffrances lui avaientattiré tous les coeurs : sa mort le rendait sacré. Le 8, le corps fut embaumé ; onle revêtit ensuite de l’uniforme de la veille, et on le renferma dans un qua-druple cercueil. Le 9, la pompe funèbre eut lieu dans l’ordre suivant : Napo-léon Bertrand, filleul de l'Empereur, fils du grand-maréchal ; le chapelainVignali, revêtu de ses habits sacerdotaux ; les docteurs Antomarchi et Arnold,vingt-quatre grenadiers anglais , destinés à descendre le corps au bas de la col-line ; ensuite une voiture de deuil, où le corps était placé; derrière elle, le che-val de Napoléon ; les exécuteurs testamentaires, comte Bertrand, comte Mon-tholon, et Marchand, premier valet de chambre, et les serviteurs de Napoléon ,escortaient à pied leconvoi, que la comtesse de Montholon suivait, en voiture ,avec sa fille. Là finissait la famille française . Venait ensuite un groupe d’olïi-cicrs anglais de mer et de terre ; les membres du conseil de l’îlc ; le généralCollin, le marquis de Monchenu, commissaires pour la France et l’Autriche ;l’amiral ; et le héros de cette pompe de mort, le gouverneur ; enfin lady Hud-son Lowe et sa fille, en grand deuil, dans une voiture. Trois mille hommes es-cortèrent le corps au sortir de Longwood. Comme la route ne permettait pasau char funéraire d’arriver jusqu’au lieu de la sépulture, des grenadiers anglais eurent l’honneur de porter sur leurs épaules les dépouilles mortelles du héros.Elles reçurent les prières et la bénédiction du prêtre avant de pénétrer dansle caveau avec les coupes d’argent qui contenaient le cœur et l’estomac, etqui furent placées sur le cercueil descendu dans le funèbre asile. Douze salvesd’artillerie apprirent à l’Océan que l’âme de Napoléon avait quitté la terre.Une garde d'officiers anglais fut chargée de veiller sur la sépulture du grandhomme.
On trouva dans la chambre de Napoléo’ n quelques papiers qu’il avait dé-chirés. Ces fragments sont précieux ; ils renferment les premières étincelles despensées vigoureuses qui, jusqu’au dernier moment, fermentèrent dans son es-prit, et tinrent son âme élevée au-dessus de son infortune :
«Nouveau Prométhée.je suis cloué à un roc où un vautour me ronge. Oui,«j’avais dérobé le feu du ciel pour en doter la France : le feu est remonté à
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