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HISTOIRE D’INNOCENT I ‘.

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M3.

Jérôme faisait aussi la critique : « Ils traitent leur corps» avec de grands ménagements, écrivait le saint docteur;

» pourtant le chrétien doit être en guerre avec la chair, qui» est l’ennemie de l’âme; mais peut-être le font-ils pour» obéir au précepte de l’Évangile, qui ordonne d’aimer ses» ennemis ! ! »

Célestius alla rejoindre son ami Pélage en Palestine, oùleurs ouvrages étaient accueillis favorablement. Le comteMarcellin, gouverneur de la province, voulut faire examinerleur doctrine, et s’adressa à saint Augustin. L’évêque d’ilip-pone répondit par cette proposition captieuse : « Oui, l’homme» peut être sans péché moyennant la grâce de Dieu , mais il» ne l’accorde jamais. » Le moine anglais enseignait la mêmedoctrine, affirmant que Dieu pouvait accorder cette grâce àses élus : ainsi la différence des deux sentiments consistaitdans une dispute de mots. Mais craignant de s’attirer surles bras cet adversaire redoutable, il écrivit à saint Augustinune lettre pleine de protestations sur l’orthodoxie de sa foi,et lui prodiguait les louanges les plus outrées : le saint évê-que, flatté dans sa vanité, le reçut à sa communion.

Pélage n’avait encore publié qu’un petit commentaire surles Épîtres de saint Paul, et une lettre adressée à une belledame, nommée Démétria, qui faisait profession de virginité.Cette pièce avait été attribuée à saint Jérôme ou à saint Au-gustin , tant le venin de ses erreurs était subtil.

Mais lorsqu’il eut fait paraître son traité « Des forces na-turelles de l’homme, pour relever les droits du franc-ar-bitre, )) une réprobation générale accueillit le hardi nova-teur. Saint Jérôme le réfuta par des dialogues, et saint Au-