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SIXIEME SATIRE.
Tout fut, dans cet essai, digne du moyen-âge.Hélas! il fallait voir les concurrents en nage,Harassés, haletant sous leur poudreux butin,Échanger en argot un ludesque latin :
L’un qui, la bouche en feu, la langue embarrassée.Décline un argument, conjugue une pensée;
L’autre qui se consume en transport impuissant,
Et tord sous la syntaxe un adverbe innocent,
Tous le front hérissé de fougueux barbarismes,Frottés dé contre-sens, bardés de solécismes;
La phrase, abandonnée aux cahots du procès,Commencée en latin se finit en français ;
A la langue d'Horace, et de Celse , et de PlineSe mêle élégamment un jargon de cuisine;
L’écho frappé des sons d’un latin franciséNous renvoie un français qu’on a latinisé;
Jamais confusion plus loin ne fut portée,
On eût dit à leur voix Babel ressuscitée.