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DIXIEME SATIRE.
Aux pieds du tribunal, le front haut, l’oeil hagard,Enfantin épuisait le pouvoir du regard;
Qui l’eût dit que bientôt une secte nouvelleProclamant au hasard sa lutte industrielle,D’Hohenlohe , Mesmer, Puységur, Saint-Simon,Oserait affronter le mystique renom ?
Thérapeutes chétifs et dont le frac laïqueTrahit l’incognito d’un dogme prosaïque ;
Dont le char embourbé, sur un pesant essieuA peine à soutenir leur prosaïque Dieu ;
Ont-ils pour excuser des essais inhabilesLe poétique élan des antiques Sibylles?
Brûlants d’enthousiasme et les yeux égarés,
Les voit-on quelquefois sur leurs trépieds sacrésHurler péniblement d’audacieux oracles?
Où sont leurs prédicants, leurs martyrs, leurs miracles?L'agent mystérieux dont ils sont dominésCommande-t-il la crainte à nos sens fascinés,
Et feront-ils passer sous nos yeux incrédulesDe nouveaux possédés, de nouveaux somnambules?