218
DIXIEME SATIRE.
Dans le Rhône ou le Rhin vous tombâtes noyé,
Si, frappé d’asphyxie, étouffant, foudroyé,
On veut bien vous livrer à des soins sanguinairesHahnemann vous invite à l’appel des contraires,Et vous pouvez alors, dressant l’auto-da-fé ,Rallumer votre vie aux laves du café !l .
De l’homœopathie admirez l’artifice;
C’est quand vous êtes mort qu’on fait un sacrificeMais la main qui prescrit un emplâtre de poixDe vos démangeaisons ne sent pas moins le poidsAh! sans l’alternative où le sort l’a placée,
Elle vous eût couvert de choucroûte glacéeEt pour mieux satisfaire à votre corps souffrant,Eût changé votre lit peut-être en restaurant !Encor, si leur palais, dont le bon goût les flatte,Se contentait de mets à dose homœopathe ;
Si la truffe à parfum dont Véfour est garniPouvait se diluer pour eux à l’infini ;
Si de leur estomac les ardeurs animalesS’apaisaient aux saveurs infinitésimales;