QUINZIEME SATIRE.
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Moi, séquestre vivant d’un monde que j’ignore,Qui, sans mieux le savoir, vivrais mille ans encore,Dont, au moindre contact d’un vain souffle ennemi,Chaque muscle a vibré, chaque nerf a frémi;
Qui, de la tête aux pieds, humaine sensitive.
Pousse sur tous les tons une note plaintive;
Moi, dont l'esprit se joue aux plus riants ébats,Athlète curieux de dangers, de combats,
Qui, d’une égale force et d’une ardeur égale,Tendrais le luth joyeux ou la flèche fatale,
Kl demain sur l’arène, en mon cirque agrandi.Jetterais au pouvoir le gant le plus hardi;Aujourd’hui retenu dans ma sphère bornée,
Bridant ma muse aux chants où je l’ai condamnée.Je veux, prompt à frapper, sans délai, sans détour,De ma lice dix fois recommencer le tour;
Dix fois je veux encor, sans franchir la barrière,Fournir à franc galop ma pénible carrière ;
Et de VArt de guérir que je maçonne au stuc.
Au tamis le plus fin j’exprimerai le suc....