LE MAGNETISME ANIMAL.
Disputent au théâtre où tous deux vont jouer,
Qui l’on applaudira, qui l’on doit bafouer;
En des salons brillants, près des bords de la Seine Où le nouveau prophète avait placé sa scène,
De Faria, dit-on, les dormeurs indiscretsPoursuivaient la nature en ses plus doux secrets,De Lucine rendaient la coupe moins amère,
Et, sur ses héritiers rassurant une mère,Devinaient en son sein quel germe avait couvé;
Ils lui disaient le mot d’un avenir rêvé :
Si d’un fils premier-né s’accroîtrait la famille;
Ou s’il fallait pourvoir à la dot d’une fille.
De tromper le trompeur Potier fît le pari ;
Orfraie inévitable en son lugubre cri,
Hydre qui du regard glace l’oiseau timide,
Qui l’aspire et l’atteint de son dard homicide,Faria, du sommeil despote impérieux,
N’avait qu’un mot à dire et l’on fermait les yeux.En disciple fervent Potier un jour se pose;
Au rire du public hardiment il s’expose;