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et des institutions durables. Ce lut lui qui fit frapper les premièresmonnaies nationales -, il réglementa le costume et organisa unearmée permanente.
D’après ses avis, on créa une milice nouvelle (yéni-tchèri), nomdont les Européens ont fait janissaires, composée de jeunes pri-sonniers chrétiens, instruits dans la loi du prophète. Le santonIJadji-Bektach, fondateur de l’ordre des derviches Bektachis , bénitle corps des janissaires en posant la manche de sa robe sur la tôledes principaux officiers. 11 fut alloué à la nouvelle troupe une hautepaye et une nourriture plus abondante que celle des autres corps.
L’orta (milice) des yéni-tchèri fut divisée en odas (chambrées),et les grades des officiers et sous-officiers prirent des nomsdérivant des emplois de la cuisine, par exemple le tchorbadji-bachi (premier distributeur de soupe), l’achti-bachi (premier cui-sinier), et le sakka-bachi (premier porteur d’eau), bizarrerie risibleau premier abord, mais cependant explicable, puisque le sultanétait considéré comme le père nourricier de ses soldats. En con-cordance avec cette hiérarchie culinaire, la marmite ( kazan ) quiservait à la distribution de la nourriture, était, pour les janissaires,l’objet d’une vénération au moins aussi grande que celle de nossoldats pour leurs drapeaux. Perdre cette précieuse marmite dansun combat était le plus grand malheur qui pût arriver à l’oda àlaquelle elle appartenait. Plus tard, quand cette milice audacieuserenouvela le temps des prétoriens, aux jours de révolte, on ren-versait les marmites et le sultan pâlissait au fond du sérail.
Ala-Eddin ne borna point ses innovations à la création desjanissaires, il réorganisa les piadè (piétons), que son frère avaitprécédemment institués et qu’il avait été obligé de licencier àcause de leur indiscipline et de leurs prétentions; seulement, au