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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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PITTORESQUE.

Il

fils Saoudji, révolte cruellement punie par la mort de ce jeuneprince, ne ralentit pas la marche de Sultan Amurat, qui défit com-plètement, dans la plaine de Kossova, en Servie, une coalitiond’Albanais, de Serviens, de Bosniens, de Valaques et de Hongrois ;les chrétiens éprouvèrent, dans cette journée, tout ce que peutl’enthousiasme religieux uni à la discipline. Mais pendant que lemonarque vainqueur parcourait le champ de bataille, un nobleservien, Miloscli Kobilowitch, se releva ensanglanté, parmi cescadavres qu’il foulait au pied, et lui plongea son poignard dans lecœur, l’an 791 de l’hégire (1389).

Bayezid-Ilderim, Bajazet 1 er la Foudre, ainsi nommé à cause desa prodigieuse activité et de la promptitude avec laquelle il exécu-tait ses desseins, que les Ottomans saluèrent empereur dans laplaine même de Kossova, jaloux de la valeur de son frère Yakoub,commença son règne par un fratricide et, pour en affaiblir l’hor-reur, il érigea ce crime en loi de l’État : « la révolte, dit le Coran ,est pire que les exécutions. » Cette politique cruelle fut adoptée parla plupart des sultans ses successeurs ; car le padichah, l’ombrede Dieu sur la terre, doit, comme le Tout-Puissant, s’asseoir seulsur son trône.

Après avoir reçu la soumission des Serviens et des Bosniens,Bajazet se tourna vers l’empire grec agonisant. Il marche surConstantinople et fait tour à tour empereur, au gré de ses intérêts,plusieurs Paléologues. Philadelphie était la seule place que lesGrecs eussent conservée en Asie ; Bajazet la somme de se rendre,et, comme son fidèle gouverneur refuse de lui ouvrir les portes,furieux, il intime aux empereurs Jean et Emmanuel l’ordre deréduire leur officier trop dévoué et de monter à l’assaut de leurpropre ville, ce que ces monarques dégénérés accomplissent en