PITTORESQUE.
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savante et rapide, surprend le camp des alliés. Les Kzabs , quicomposaient l’avant-garde ottomane , ne peuvent résister à l’impé-tuosité du premier choc des Français , ils fuient et se réfugientvainement auprès des spahis qui sont enfoncés à leur tour. Em-portés par leur ardeur, nos chevaliers les poursuivent sans perdrehaleine, jusqu’au sommet d’une colline où le sultan, immobile,les attendait avec quarante mille lances. A cet aspect inattendu,une terreur panique s’empare des vainqueurs; ils se replient endésordre sur l’armée hongroise qu’ils entraînent dans leur déroute;le chef des Yalaques, allié perfide, se retire sans combattre ; etSigismond, heureux de sauver sa tête, se jette dans une barque,se laisse aller au courant du Danube et gagne Constantinople . Ja-mais on ne vit mieux combien la plus brillante valeur est impuis-sante contre la discipline, et quels avantages les armées perma-nentesont sur les armées féodales. Bajazet, vainqueur, mais furieuxd avoir acheté sa victoire au prix de soixante mille des siens, sevengea cruellement. Dix mille prisonniers chrétiens furent dé-capités ou tués à coups de massue.
Le comte de Nevers , et vingt-quatre hauts barons et seigneurs,furent seuls épargnés ; et plus tard ils purent se racheter moyen-nant une rançon de deux cent mille ducats. Cependant le sultanne tira pas d’un si grand succès tout le parti qu’il aurait pu, car ilse contenta de dévaster la Hongrie et les pays voisins, et d’imposer
à l’empereur de Constantinople un nouveau tribut de dix: milleécus d’or.
Bajazet était parvenu à l’apogée de sa fortune ; le destin se lassade lui être prospère et le plus effroyable des revers le précipitadans l’abîme. Tandis qu’il étendait encore en Asie les limites de sadomination, un message du terrible Timour-Leug (Tameilan), le