LA TURQUIE
Ji
conquérant Moghol, vint le sommer de se ranger sous les loisdu maître de presque toute l’Asie ; il n’y répond que par des pa-roles de mépris, passe en Europe , et va assiéger Constantinople .
Déjà il avait ruiné tous les faubourgs et serrait la ville de siprés qu’il touchait au moment de s’en rendre maître, lorsquedes nouvelles alarmantes qu’il reçoit coup sur coup l’obligentde renoncer à sa conquête, pour voler à la défense de ses propresEtats. Tamerlan avait battu ses troupes, pris Sébaste et mis à mortun de ses fils. Brûlant de le venger, il atteint le monarque tarlaredans la plaine d’Angora. Quatre fils de Tamerlan et cinq fils dusultan ottoman combattaient dans les armées de leurs pères.La bataille commença à six heures du matin et ne finitqu’à la nuit.Bajazct y fit des prodiges de valeur ; abandonné par les contin-gents auxiliaires qui reconnurent leurs princes dans les rangs del’ennemi (c’étaient ces princes, héritiers des Selkjoucides, que lapolitique envahissante du sultan avaient contraints à fuir auprèsde Tamerlan ), il se maintint toute la journée avec dix mille janis-saires et ne put se résoudre à fuir que lorsque presque tous cesbraves eurent succombé autour de lui. Mais étant tombé de cheval,il fut fait prisonnier, ainsi qu’un de ses fils, Mouça.
Tamerlan le traita d’abord avec beaucoup d’égards et n’usa derigueur envers lui qu’après plusieurs tentatives d’évasion ; on letint dès lors enchaîné pendant la nuit, mais jamais il ne fut en-fermé dans une cage de fer, comme l’ont écrit, par une erreurde traduction, plusieurs écrivains chrétiens. La plupart des histo-riens musulmans rapportent diverses circonstances curieuses dela première entrevue des monarques tartare et ottoman , et entreautres traits, ce dialogue passablement philosophique : « Il fautavouer, disait Tamerlan , que si nous n’étions pas rois* nous ne