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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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PITTORESQUE.

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allemands, que seize mille hommes, soixante et douze bouchesà feu, des remparts sans batterie et de six pieds seulement d’épais-seur. Mais cette brave garnison se défendit héroïquement, jusqu’aumoment où le sultan se vit obligé de lever le siège, dans la craintedes pluies de l’automne qui auraient rendu sa retraite impossible.

Cet échec était le premier qu’eussent encore éprouvé ses armesvictorieuses ; il s’en vengea en faisant couronner dans Bude,Jean Zapolya , le rival de Ferdinand; puis il revint dans sa capitalecélébrer, par des fêtes d’une magnificence inouïe, la circoncision descs trois fils. «Ces fêtes ne sont-elles pas plus belles que celles deton mariage? demandait-il à son favori Ibrahim; —Certes non,répondit celui-ci, et comme le sultan s’étonnait de son audace, Tun’as pas eu, comme moi, ajouta l’ingénieux courtisan, SultanSuleyman pour convive. »

Ferdinand envoya des ambassadeurs pour traiter de la paix,mais comme il ne voulut point consentir à renoncer au trône deHongrie, Soliman repassa le Danube et s’avança jusqu’en Styrie ,pendant qu’une flotte ottomane luttait contre André Doria, dans leseaux de la Grèce .

Cependant le Grand Seigneur, qui méditait alors une expéditioncontre la Perse, sentit la nécessité de se mettre en bonne intelli-gence avec les puissances européennes et conclut la paix avecCharles-Quint et Ferdinand.

Ibrahim-Pacha s’empara tout d’abord de Tebriz et reçut lasoumission du chah de Khirvan et du prince de Ghilan; puis lesultan ayant rejoint son vizir, entra à Bagdad sans combat. Sixmois après, de retour à Constantinople , il signait un traité avecFrançois I er .

C’est alors qu’eurent lieu la disgrâce et la mort d’Ibrahim-Pacha.