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Il mit bientôt en œuvre tous les moyens pour déterminer laPorte à la guerre contre la Russie . Le comte Poniatowski, son am-bassadeur, parvint à intéresser à sa cause la sultane Validé quecharmait la bravoure du monarque suédois et qui ne l'appelaitque arslanem (mon lion). La guerre, dès lors, fut résolue.
A la nouvelle de l’approche du grand vizir Baltadji-Mohammed-Paclia, le czar avait passé le Prulh, et s’était retranché entrecette rivière et une plaine marécageuse , dominée par des hau-teurs que les Ottomans occupaient. Dans cette mauvaise position,les Russes , cernés de tous côtés, résistèrent vaillamment auxattaques de l’ennemi, mais ils furent enfin obligés de rentrerdans leurs faibles retranchements où le vizir les tint étroitementbloqués.
Pierre I er était perdu sans ressource, si sa femme, la célèbreCatherine, n’avait réussi à le sauver par un sang-froid et un dé-vouement admirables. Tandis que le czar, accablé de douleur, s’étaitretiré dans sa tente, Catherine envoyait toutes ses pierreries enprésent au kiahïa du grand-vizir.
Celui-ci. se laissa séduire, et, en dépit des protestations dePoniatow'ski et du khan de Crimée, Baltadji signa la paix avecla Russie .
Cette paix, dont les conditions semblaient avantageuses à laPorte , le fut, en réalité, davantage encore pour le czar qu’elle tirad’une position désespérée, au moment où il allait infailliblementperdre la liberté ou la vie.
Aussi, lorsque Charles XII arriva au camp ottoman , au momentoù l’armée russe se retirait tambours battants et enseignes dé-ployées, il ne put contenir son indignation, et repartit précipitam-ment pour Bender,