PITTORESQUE.
99
qu’il y avait quelque grand coupable à punir et, comme il ignoraità qui son peuple en voulait, il déposa d’abord son premier ministre.Mais la flamme ne s’arrêtait pas dans son œuvre de destructionet Malnnoud allait peut-être encore frapper quelques tètes inno-centes, quand le moufti osa lui dévoiler les crimes de Bekir. Lekyzlar-agaci fut étranglé et les incendies cessèrent comme parenchantement.
À cette époque (1746) parut en Arabie la secte des Wahabis,faible et obscure à l’origine, et qui devait devenir plus tard la ter-reur de l’empire ottoman. Un cheikh, appelé Mohammed , né dansl’Yémen, s’annonça comme le réformateur de la religion musul-mane . Soutenu par l’émir Ibn-Seoud qu’il avait gagné à sa doc-trine, il commença par convertir, le glaive en main, les tribusavoisinantes, préludant ainsi à la conquête de toute l’Arabie qu’ilexécuta quelques années plus tard.
Sultan Mahmoud méprisa des adversaires si peu redoutablesencore et tourna ses regards du côté de la Russie , qui violait ouver-tement les traités en peuplant de villages et de forts les vastessolitudes qui s’étendent du Bog au Dnieper . Mais il n’était pasdestiné à poursuivre la réparation de ces infractions multipliées.
Souffrant d’un mal cruel qui l’empêchait de monter à cheval,Mahmoud s’était dispensé depuis longtemps de se rendre à la prièrepublique dans une des mosquées de la capitale, le vendredi de cha-que semaine, comme c’est un devoir de rigueur pour le padichah,chef suprême de la religion et commandeur des croyants. Ayantappris que le peuple murmurait hautement, et voulant montrer àses sujets qü’il n’était pas mort, comme on le croyait déjà , Mah-moud se décida à accomplir cette excursion, quoiqu’il pût à peine setenir sur sa selle, et qu’on eût été obligé de le farder pour cacher