PITTORESQUE. 157
et 25,000 Russes débarquèrent au Bosphore, sur la côte d’Asie,vis-à-vis Thérapia et Buyuk-Déré. Méhéraet-Ali dut se contenterde la Syrie ; quant au district d’Adana, il fut accordé à Ibrahim-Pacha à titre de muhacijllik (c’est-à-dire comme fermier général).Mais les troupes russes demeurèrent en Turquie jusqu’à ce queles Égyptiens eussent repassé le Taurus, ce qui anâva à la fin dejuin 1833.
Le résultat de l’intervention russe fut le traité d’Unkiar-Skélessy.Les deux empires contractèrent une alliance offensive et défensivepour huit années ; en outre la Porte s’engageait, par un articleadditionnel, à fermer le détroit des Dardanelles à toute nation enguerre avec le czar.
Aussitôt qu’elles connurent ce traité, la F rance et l’Angleterreprotestèrent ; mais l’empereur Nicolas resserra encore son allianceavec le sultan en lui faisant remise d’une partie des contributionsde guerre qui lui étaient dues.
Cependant des troubles sérieux agitaient l’Albanie, la Bosnie ,la Servie et l’Asie Mineure; le divan, travaillé par la diplomatieétrangère, était partagé en adversaires et en partisans de l’alliancerusse; les armements continuaient en Turquie , comme enÉgypte : tout enfin faisait présager une rupture nouvelle entre lesultan et son puissant vassal.
Une insurrection qui éclata dans la Palestine et dans la Galilée,fatiguées du joug de fer de Méhémet-Ali , parut à Mahmoud uneoccasion favorable de prendre sa revanche. Il s’empressa d’en-voyer sur le théâtre de la guerre une armée de GO à 80,000 hom-mes; mais les puissances européennes intervinrent encore, et lapaix ne fut pas troublée pour cette fois. Mahmoud du reste pour-suivait toujours ses réformes, construisant des routes, établissant