234
terrasse, située à l’entrée d’une vallée où l’on voit une fontaineen forme d’obélisque égyptien , et l’on arrive à la baie de Beïkos,devenue fameuse par le séjour que les flottes anglaises et françaisesy firent en 1853. A l’extrémité de cette baie, comme dans beaucoupd’autres endroits du Bosphore et de la mer Noire où se trouventdes pêcheries turques, on voit un grand nombre de dalicm, espècesd’échafaudage de perches surmonté d’une hutte en natte où setient le pêcheur qui guette le passage du poisson. Un peu plusloin se trouve Yali-Keui, le grand village de Beïkos.
Yis-à-vis se déploie le bourg de Thérapia, un des plus char-mants des environs de Constantinople. L’ambassade de France ya son palais d’été.
La vallée du Grand-Seigneur qui lui fait face sur la côte d’Asieest d’un aspect enchanteur; Mahomet 11 y fit construire unkiosque et Soliman le Grand un palais d’été. Un escalier ou dé-barcadère pour le service du sultan existe dans la baie sur laquelles’ouvre cette vallée, quiaprismêmelenomdeChunkar-Iskelessy,, lieu de débarquement de l’Empereur. Sultan Selim III , ce mo-narque éclairé, établit une fabrique de papier dans la résidenceimpériale. Cet établissement, dans tous les détails de son organi-sation, était digne de son auguste fondateur, jusqu'aux réservoirsqui étaient en marbre sculpté. Soit dit en passant, les Turcs ontun respect tout particulier pour le papier, parce que le saint nomd’Allah s’y trouve tracé en filigrane; aussi, ne souffrent-ils pasqu’on l’emploie devant eux à d’indignes usages. Trouvent-ils unchiffon de papier à terre, ils le ramassent et le cachent dansquelque lieu convenable, par exemple, la crevasse d’une murailleproche, le creux d’un arbre, afin d’empêcher qu’il ne soit fouléaux pieds par les passants,