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appelle l’arbre de Godefroy de Bouillon , parce que ce chef de lapremière croisade campa, dit-on, sous son ombrage.
Quoi qu’il en soit, c’est incontestablement une des masses végé-tales les plus considérables qu’il y ait au monde; son tronc res-semble à une tour, les pâtres s’y abritent comme dans une grotteet y allument du feu; de loin on dirait plutôt un bouquet de boisqu’un seul arbre.
En quittant Bouyouk-Déré, le chenal se resserre encore consi-dérablement; c’est l’endroit où sont situés Roumili-Kawak etAnadoli-Kavvak, deux châteaux forts dont les batteries dominent ledétroit. De l’avis du maréchal Marmont, il serait presque impos-sible à une flotte de forcer le passage. Non loin de là, sur la côted’Asie, on voit les restes encore assez bien conservés d’une vieilleforteresse génoise. Plus au nord se trouvent encore d’autres bat-teries et notamment sur les côtes d’Asie les forts Phil-Bournou etPoiras, Bouyouk-Liman et Kabilche sur celles d’Asie . Enfin leBosphore s’évase jusqu’aux îles Cyanées et se perd dans la merNoire .
La nuit, un phare placé de chaque côté sert de guide aux navi-gateurs pour entrer ou sortir, et les deux caps les plus extrêmes,de même que les forts qui s’y élèvent, sont nommés en raisonde cela, cap ou fort du Phare ( Phanaraki ), en Asie comme enEurope .
Pour terminer cette description des environs de Constantinople ,il nous faut revenir sur nos pas et dire quelques mots de la merde Marmara .
Kadi-Keui (village des Juges) est un petit bourg de la rived’Asie, bâti sur les ruines très-apparentes encore de l’antiqueChalcédoine ; c’est un lieu de promenade très-fréquenté. A quelque