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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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LA TURQUIE

du professeur Schulzc de Giesseu en 1827. Tous les monuments,ainsi que les documents rapportés par Moïse de Khorène etdiverses traditions mythiques, prouvent que, dans les temps lesplus reculés de l’antiquité, Yan était déjà une ville très-con-sidérable qui servit souvent de résidence aux rois d'Assyrie etplus tard aux rois de Perse. Aussi les Arméniens appellent-ils Yanla ville de Sémiramis.

Le Kurdistan est un pays montagneux situé à l’est du Tigre . LeKurde à la taille élevée, au teint blanc, aux grands et beaux yeux,au nez aquilin, dément de lui-même l’origine qu’il se donne, caril prétend descendre du Mongol, tandis qu’on retrouve chez luitous les caractères qui distinguent les races caucasiques. Le fondde sa langue d’ailleurs est persan.

« Les plus anciennes traditions et histoires de l’Orient, ditVolney, ont fait mention du Kurdistan et y ont placé le théâtre deplusieurs événements mythologiques. LeChaldéen Berose et l’Ar-ménien Mariaba, cités par Moïse de Khorène , rapportent que cefut dans les monts Gordiées (les Gordiæi de Strabon ) qu’abordaXisuthrus, échappé du déluge; et les circonstances de positionqu’ils ajoutent prouvent l’identité, d’ailleurs sensible, de Gord etKourd. Ce sont ces mêmes Kurdes, que Xénophon cite sous lenom de Karduques, qui s’opposèrent à la retraite des Dix-Mille.Get historien observe que, quoique enclavés de toutes parts dansl’empire des Perses, ils avaient toujours bravé la puissance dugrand roi et les armes de ses satrapes. Ils ont peu changé dansleur état moderne, et, quoiqu’en apparence tributaires des Otto-mans , ils portent peu de respect aux ordres du Grand Seigneur etde ses pachas. Niebuhr, qui passa en 1769 dans ces cantons, rap-porte qu’ils observent dans leurs montagnes une espèce degouver-