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tement que c’en est une. Ec moi j’ajoúte,que c’est uniquement cette folie, qui forme &qui entretient f Amitié. Je ne parle ici quedes hommes , dont pas un ne vient au Mç>n-de fans défaut ; l’Homme qui passe pour lemeilleur,n’étant au fond que le moins vicieux.Car pour ces Sages,qui fe regardent comme desDieux * , ou ils ne s’unissent jamais du douxlien de l’amitié , ou l'Amitié chez eux n’estqu’une union désagréable Sc bourrue : encoren’ont-ils de liaison qu'avec très peu de gens.Car je me ferois un scrupule de dire quïlsn’aiment absolument personne , & en voicila raison. Presque tous les hommes font fous,( à quoi bon ce presque ? il n’y a pas un seulhomme qui n’extravague de plus dune ma-niéré : ) ils font donc tous semblables en cepoint ; or la ressemblance est le fondementde l’amitié.
Si quelquefois ces Philosophes austères s’at-tachent les uns aux autres par une bienveil-lance réciproque , cette liaison est bien fra-gile , Sc ne dure pas long-tems. Ils font d’une
* Il veut parler des Stoïciens , dont le Sage , selonHorace , ne cédoit qit’au seul Jupiter.