de la Folie.
pour des furieux qui ont besoin d’Ellebore: carenfin il n’y a qu’un insensé qui crie sérieu-sement , pour crier. Outre cela > parce qu’ilsfont imbus que l’Orateur doit s’animer dansle progrès du Discours , après chaque pausedu Sermon , ils prononcent assez tranquille-ment les premieres périodes , mais ensuite,Sc souvent pour rien , ils haussent la voixd’une si grande force , que lorsqu'ils finissenton croiroit qu’ils vont s’évanouir. Enfin com-me ils sçavent par la Rhétorique , qu’il est:bon de réveiller l’Auditeur par quelques traitsenjoués, ils sc mêlent aussi de plaisanter.Mais ils le font aussi légèrement, aussi à pro-pos que l’Ane de la Fable , qui vouloir pincerun Luth. Ils mordent aussi quelquefois, maisfans faire mal ; ils chatouillent plutôt qu’ilsne blessent , & quand ils affectent le plus uneliberté apostolique, en criant contre les mœursdu siécle , c’est alors qu’ils flattent le mieux.Que vous dirai-je davantage ? Ils prêchentcomme des Bateleurs, Sc vous jureriez queceux-ci, qui en sçavent beaucoup plus queux,ont été leurs maîtres. Tenons-nous-en à la dé-clamation : elle est si semblable de part Sc d’au-tre , que sûrement, ou les Charlatans ont ap-pris la Rhétorique de nos Prêcheurs, ou nosPrêcheurs ont étudié l’éloquence chez lesChar-latans. X iij.