de la Folie, igy
il y va de mon honneur. II y aura ici des Sages(car les Mauvais font toujours mêlés parmi'TesBons,) qui diront que je ne fuis belle qu’à mesyeux ; Sc Messieurs les Légistes ne manquerontpas de me reprocher , que je ne cite point. Ci-tons donc comme eux , à tort Sc a travers.Prernierement, on ne peut révoquer en doutecette maxime connue : Que, quand on manquede quelque chose , il ejl bon de feindre qu onVa. Elle fe confirme par cette autre , qu’onenseigne même aux Enfans : C'ejlune grandesagesse , que de sçavoir contrefaire le Fou àpropos. Jugez de-íà s’il ne faut pas que la Fo-lie soit un grand bien , puisque les Sçavansont donné tant de louanges à son ombre feule& à son image. Horace , qui s’appelle lui-mê-me un Pourceau d’Epicure des mieux condi-tionnés , dit la chose plus naturellement, lorf-qu’il ordonne de mêler la Folie avec la Sagesse.II veut, je l’avoue, que cette Folie soit courte;maïs en cela il n’en a pas plus d’efprit. Le mê-me Poète dit dans ses Odes : Qu il efi douxd’extravaguer à propos. Et ailleurs qu ’Il ai-me mieux pajjer pour un Homme en délire &fans nul talent , que d’être Sage & enragertout son saoul. Homere , qui donne tant delouanges à son Télemaque , ne laisse pas deh nommer quelquefois jeune étourdi -, & h ;s
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