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cette véridique Sentence , LE NOMBREDES FOUS EST INFINI, mise en for-me d’Inscription au premier Chapitre, com-me celle qu’on lisoit en entrant dans le Tem-ple de Delphes *. Or ce nombre infini defous n’embrasse - t'il pas généralement tousles hommes , si l’on en excepte bien peu ? en-core doutai-je fort qu’on les ait jamais vus.MaisJeremie avoue la chose plus ingénument ;Tous les hommes , dit-il, Chapitre io. fontdevenus fous , à force de Sagesse. Il attribuela Sagesse à Dieu seul, & laisse à tous les hom-mes la Folie en partage. Un peu plus hautil dit : Que l’homme ne fe glorifie point dansfa Sagejfe. Et si nous lui demandons pour-quoi ? C’est , répondra-t’il, parce que l’hom-roe ne doit point fe glorifier de ce qu’il n’apoint. Revenons à l’Ecclésiaste : lorsqu’il faitcette exclamation pathétique , Vanité des va-nités ! tout efl vanité ; à votre avis , Messieurs,Salomon qui étoit éclairé du Ciel,ne déclaroit-il pas fans biaiser , que la vie humaine , com-me je l’ai insinué tant de fois , n est qu’une Fo-lie ! N’étoit-ce pas dire précisément ce queCicéron a répété depuis à ma louange : Tout
* Connoìs-tù toi-même. Plutarq.