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Tome premier.
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DE LALLEMAGNE .

de rapports une langue morte. Les vers français sont à la fois ce quil y a de plus facile et de plusdifficile à faire. Lier lun à lautre des hémistichessi bien accoutumés à se trouver ensemble, ce 'nest quun travail de mémoire; mais il faut avoirrespiré lair dun pays , pensé, joui, souffert danssa langue, pour peindre en poésie ce quonéprouve. Les étrangers, qui mettent avant toutleur amour-propre à parler correctement le fran­ çais , nosent pas juger nos écrivains autrementque les autorités littéraires ne les jugent, de peurde passer pour ne pas les comprendre. Ils vantentle style plus que les idées, parce que les idées ap-partiennent à toutes les nations , et que les Fran­ çais seuls sont juges du style dans leur langue.

Si vous rencontrez un vrai Français , vous trou-vez du plaisir à parler avec lui sur la littératurefrançaise ; vous vous sentez chez vous, et vousvous entretenez de vos affaires ensemble ; maisun étranger francisé nese permet pas une opinionni une phrase qui ne soit orthodoxe, et le plussouvent cest une vieille orthodoxie quil prendpour lopinion du jour. Lon en est encore dansplusieurs pays du nord aux anecdotes de la courde Louis XIV . Les étrangers, imitateurs des Fran­ çais , racontent les querelles de mademoiselle de