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Ce mélange d’enthousiasme poétique et de con-fiance religieuse inspire l’admiration et l’attendris-sement tout ensemble. Les talents s’adressoientjadis à des divinités de la fable. Klopstock les aconsacrés, ces talents, à Dieu meme ; et, par l’heu-reuse union de la religion chrétienne et de lapoésie, il montre aux Allemands comment ilspeuvent avoir des beaux-arts qui leur appartien-nent et ne relèvent pas seulement des anciens envassaux imitateurs.
Ceux qui ont connu Klopstock le respectentautant qu’ils l’admirent. La religion, la liberté,l’amour, ont occupé toutes ses pensées ; il professala religion par l’accomplissement de tous ses de-voirs ; il abdiqua la cause même de la liberté ,quand le sang innocent l’eut souillée, et la fidé-lité consacra les attachements de son cœur. Jamaisil ne s’appuya de son imagination pour justifieraucun écart ; elle exaltoit son âme sans l’égarer.
On dit que sa conversation étoit pleine d’es-prit et même de goût ; qu’il aimoit l’entretien desfemmes, et surtout celui des françaises , et qu’ilétoit bon juge de ce genre d’agtéments que lapédanterie réprouve. Je le crois facilement, caril y a toujours quelque chose d’universel dans legénie, et peut-être même tient-il par des rapports