Band 
Tome premier.
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5 a8 LA LITTERATURE ET LES ARTS.

le retour des mêmes paroles; il semble quon ré-veille ainsi le sentiment de linflexible nécessité.Les ombres, les oracles, toutes les puissancessurnaturelles, doivent être monotones ; ce quiest immuable est uniforme; et cest un grandart, dans certaines fictions, que dimiter, par lesparoles, la fixité solennelle que limagination sereprésente dans lempire des ténèbres et de lamort.

On remarque ainsi, dans Bürger , une certainefamiliarité dexpression qui ne nuit point à la di-gnité de la poésie, et qui en augmente singulière-ment l'effet. Quand on parvient à rapprocher denous la terreur ou ladmiration, sans affoiblir nilune ni lautre, ces sentiments deviennent néces-sairement beaucoup plus forts : cest mêler, danslart de peindre, ce que nous voyons tous les jours àce que nous ne voyons jamais, et ce qui nous estconnu nous fait croire â ce qui nous étonne.

Goethe sest essayé aussi dans ces sujets qui ef-fraient à la fois les enfants et les hommes; mais ily a mis des vues profondes, et qui donnent pourlong-temps à penser. Je vais tâcher de rendrecompte de celle de ses poésies de revenants, laFiancée de Corinthe, qui a le plus de réputationen Allemagne . Je ne voudrais assurément défendre