LES BRIGANDS ET D. CARLOS DE SCHILLER. 55
s’intéressant toujours au fond du cœur à celuiqu’elle aimoit avant qu’il se fût rendu criminel.Le respect qu’une femme est accoutumée deressentir pour l’homme qu’elle aime se changeen une sorte de terreur et de pitié, et l’ondiroit que l’infortunée se flatte encore d’être,dans le ciel, l’ange protecteur de son coupableami, alors qu’elle ne peut plus devenir son heu-reuse compagne sur la terre.
On ne peut juger de la pièce de Schiller dans la traduction française. On n’y a conservépour ainsi dire que la pantomime de l’action ;l’originalité des caractères a disparu ; et c’estelle qui seule peut rendre une fiction vivante ;les plus belles tragédies deviendroient des mé-lodrames si l’on en ôtoit la peinture animéedes sentiments et des passions. La force desévénements ne suffit pas pour lier le specta-teur avec les personnages ; qu’ils s’aiment ouqu’ils se tuent, peu nous importe, si l’auteur n’apas excité notre sympathie pour eux.
Don Carlos est aussi un ouvrage de la jeu-nesse de Schiller , et cependant ori le consi-dère comme une composition du premier rang.Ce sujet de don Carlos est un des plus dra-matiques que l’histoire puisse offrir. Une jeune